mardi 28 mai 2013

Dialogue

Tu crois quoi? T'es là avec ta gueule mouillée et tes pieds sales. Tu crois que c'est comme ça que tu vas me donner envie? Assise par terre, on dirait un moineau avec une aile broyée. Toute façon c'est ce que t'es, t'es broyée de l'intérieur, y'a plus rien qui existe à l'intérieur de toi, on ne pourrait même pas y faire pousser un acacia, même ton cœur il s'est barré, il veut plus toi, adieu le chat. Ton estomac c'est une serpillière, tu le noies sous l'alcool pour diluer tes angoisses et tes peurs, tu espères que si tu les vomis elle ne monteront pas jusqu’à ton cerveau. D'ailleurs parlons en de celui-là! Même plus capable d'envoyer correctement les messages nerveux, tu restes paralysée, allongée toute la journée, à regarder le plafond, comme si ça allait t'aider, comme si le plafond détenait la solution. Putain tu me fais marrer! Tu crois que j'ai envie de te sauver, de nous sauver? Plutôt crever, ouais. Avec ta gueule enfarinée, tu crois que j'en ai envie de cette vie de là? Le bonheur c'est trop de pression pour toi, tu gâches tout dès que tu l'aperçois tout là bas et encore pire si tu le touches du bout des doigts. C'est plus facile pour toi d'être malheureuse, plus facile de décrocher, tu te laisses porter et puis tu regardes ton stupide plafonnier. La vie ça demande de la force, faut s'accrocher, faut se battre, toi avec tes petits poings et tes muscles en fromage blanc, forcément tu fais pas le poids. Tu crois que j'ai envie de t'aimer? Je t'aime comme on aime les monstres, ils sont gentils mais on ne veut pas d'eux dans notre vie. Allez défends toi, aie un sursaut, un peu de fierté, de dignité. Tu me fais honte, y'a plus rien, plus une seule étincelle dans tes yeux, t'es vide de l'intérieur, si on te touche tu vas tomber en morceaux. On aura l'air beaux, tiens. J'ai tout essayé, ça me fait trop de mal de te regarder, le vide enfle en toi, tu vas finir par éclater. Puis toute façon si c'est pas lui, c'est moi qui te tuerais. Y'a plus rien qui se propage en toi, la vie te traverse à peine. Putain t'as l'air maline, avec tes larmes aux coins des yeux, et ta bouche qui se tord de douleur, comme si tu me faisais déjà pas assez peur. Putain ressaisis toi, tu crois que t'as besoin de ça? Comme si on avait pas assez souffert, comme si notre vie était déjà pas enfer.
Je veux plus te voir, arrête de te regarder dans le miroir, retourne t'allonger de toute façon c'est pas aujourd'hui qu'on va changer.

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