mardi 31 décembre 2013
Le Bilan 2
C'est l'heure du bilan, une année de passée, du temps écoulé, des mots emmêlés. Tout le monde y va de sa petite phrase, de ses remerciements, de "c'était la meilleure année de ma vie", plein de positivisme à vous en sortir par les trous de nez, bref vous l'aurez compris ça me donne envie de gerber. 2013 année de la baise? 2013 année de la merde.
2013 a soufflé le chaud et le froid, boulot, amour tout a foutu le camp, pendant que j'explosais niveau écriture, pendant que je vomissais tellement de mots sur mon clavier, qu'en photo je transpirais l'émotion et l'insolence, la jeunesse et la décadence. Plus l'amour se dissolvait sous mes doigts, plus je me noyais tout là-bas, j'ai bu à n'en plus pouvoir, j'ai exploré ma sensualité, j'ai pleuré à n'en plus savoir, l'amour m'a laissé tomber et je l'ai envoyer chier et à la fin ce bâtard m'a rattrapé. Les six premiers mois de 2013 ont ressemblé à un tourbillon de violence, de claques dans la gueule suivies de courtes caresses,puis de la chance, les six derniers ont été doux, humides, chauds avec quelques lames de couteaux. Un rappel incessant, profite petite, profite.
J'ai quitté mon cocon en même temps que j'ai quitté les tréfonds, j'ai pas voulu recommencer à zéro, j'ai juste voulu avancer hors de l'eau. Je reste dubitative, je déteste cette année autant que je l'aime de toute mes forces.
2014, je suis prête, balance.
vendredi 4 octobre 2013
Grey skies - Turquoise Days
Je continuerais de ressentir trop, d'avoir besoin de vomir mes émotions. Je suis malade, je n'ai pas encore deviné quel mal me ronge, fatigue permanente, hématomes spontanés, douleur constante dos, reins, genoux puis y'a la tête, j'essaye de découvrir un peu plus chaque jour ce qui se passe là dedans. Je me fouille de l'intérieur, j'arrache mes organes un par un, je plonge la main dans mes tripes, tu viens dîner?
Je serais toujours celle qui s'emporte parce que le monde n'est pas juste, je serais toujours inadaptée dans mes relations, je vais continuer à merder parfois, je vais continuer à pleurer de temps en temps, je vais continuer à être moi et à être animée. Je veux pas m'éteindre, comme tous ces gens, tous ceux qui abandonnent et se foutent de tout. Je crois qu'au fond j'ai un profond dégoût pour vous ainsi qu'une infinie tristesse. Un jour y'avait ce garçon, il était chouette mais y'avait rien qui rythmait sa vie, y'avait rien qui le mettait en colère, qui le révoltait, rien à quoi s'accrocher à part sa petite personne, pourquoi je m’intéresserais à autre chose alors que je suis dans un confort absolu. Sa vie était facile, j'ai cru que je pourrais m'y faire, ça m'a reposé pendant un temps puis un jour je me suis réveillée et c'était fini, j'avais besoin que ça me secoue alors que lui était tout mou. Je veux pas m'éteindre, je veux que continue de souffler sur moi toutes les choses qui me font vivre. Mon monde craint et je continuerais à essayer de le changer, même si je dois finir éreintée, même si j'ai plus de voix à la fin, même si ça fait mal, même si ça me transperce. Parce que y'a tous les autres moments, ceux avec la lumière rosée, les mains dans l'herbe grasse et son sourire.
Je serais toujours celle qui s'emporte parce que le monde n'est pas juste, je serais toujours inadaptée dans mes relations, je vais continuer à merder parfois, je vais continuer à pleurer de temps en temps, je vais continuer à être moi et à être animée. Je veux pas m'éteindre, comme tous ces gens, tous ceux qui abandonnent et se foutent de tout. Je crois qu'au fond j'ai un profond dégoût pour vous ainsi qu'une infinie tristesse. Un jour y'avait ce garçon, il était chouette mais y'avait rien qui rythmait sa vie, y'avait rien qui le mettait en colère, qui le révoltait, rien à quoi s'accrocher à part sa petite personne, pourquoi je m’intéresserais à autre chose alors que je suis dans un confort absolu. Sa vie était facile, j'ai cru que je pourrais m'y faire, ça m'a reposé pendant un temps puis un jour je me suis réveillée et c'était fini, j'avais besoin que ça me secoue alors que lui était tout mou. Je veux pas m'éteindre, je veux que continue de souffler sur moi toutes les choses qui me font vivre. Mon monde craint et je continuerais à essayer de le changer, même si je dois finir éreintée, même si j'ai plus de voix à la fin, même si ça fait mal, même si ça me transperce. Parce que y'a tous les autres moments, ceux avec la lumière rosée, les mains dans l'herbe grasse et son sourire.
jeudi 3 octobre 2013
Plutôt vachement
Là où j'écris le plus c'est dans ma tête, surtout le soir quand je devrais dormir parce que j'en suis à ma cinquième nuit d'insomnie. J'écris plein de trucs, des articles que je devrais écrire pour le Tag Parfait avec mes fantasmes dérangés, aux débuts de roman qui ne verront jamais le jour, en passant par les articles que je voudrais écrire ici. J'ai traversé une crise existentielle de l'écriture, c'est assez naze de ne pas avoir de retour sur ce qu'on écrit, je vais pas vous dire "lâche tes comz wesh" comme si on était sur skyblog en 2004, mais si t'as envie de m'écrire un mail c'est cool (je vais mettre un formulaire de contact).Cette crise existentielle elle m'a pas mal bloquée, j'adore écrire dans plein de style différents sur plein de choses différentes mais parfois je me fous la pression en pensant à ce que vous allez penser de ce texte, alors que le concept du blog c'est vraiment d'écrire pour moi sur tout. Souvent c'est assez embêtant d'avoir toutes ces idées le soir, parce que souvent le matin je ne me rappelle plus comment j'avais tourné ça et du coup ça fait une pile d'idée qui s'entasse et je ne sais même pas par où commencer.
En attendant que tout ça se débloque, ma moitié dort à l'étage, Boris est en boule sur une chaise, tout est calme et gris et je dois dire que là toute de suite je suis plutôt vachement heureuse.
En attendant que tout ça se débloque, ma moitié dort à l'étage, Boris est en boule sur une chaise, tout est calme et gris et je dois dire que là toute de suite je suis plutôt vachement heureuse.
dimanche 22 septembre 2013
Comptine
J'ai chaud, j'ai vraiment chaud, et pourtant je tremble et des frissons se dessinent sur ma peau. J'ai froid mais l'intérieur est en feu. Pourquoi tu me fais toujours cet effet là? Je n'arrive plus à me concentrer, ma tête tourne à moins que ce soit le monde qui tourne, je flanche dangereusement. Stop, calme toi, je mets ma tête dans les mains. Respire.Qu'est ce qui c'est passé? Qu'est ce qui a pu déclencher ça? Les même questions répétées inlassablement à chaque fois. J'essaye de me concentrer, remonter dans le temps, un, deux, trois nous irons au bois, refaire les étapes, quatre, cinq, six cueillir des cerises, en plus ça rime même pas cerise et six, concentre toi, qu'est ce que je faisais juste avant, sept huit neuf ou voler un bœuf, mon cerveau va exploser, je sens que ça monte, tu ne t’arrêteras pas, tu te faufileras dans mes veines, tu bousculera mes artères, tu t'agrippes à l'estomac, le cœur, tout ce qui est vital tu prends, sournoisement tu emprisonnes mon cerveau, tu brouilles ma vue à coup de larmes, tu coupes le son, et tu t'engages dans un combat gagné d'avance contre la raison. Tu me laisseras éreintée après une bataille de plusieurs minutes à plusieurs heures, roulée en boule, vide complètement vide, à vomir du vide, du vide qui sort par tous mes orifices, haletante. Si tu avais des pieds, je dirais que tu viens toujours à pas de loup, tout doux, tout doux, si le loup y était il nous mangerait. Promenons dans les bois, pendant que l'angoisse n'y est pas.
vendredi 20 septembre 2013
Dépression, 3 petits tours et puis s'en va
En ce moment je me pose pas mal de question. Sur mon féminisme, ma spiritualité, la manière dont je m'exprime, les gens dont j'ai envie de m'entourer, ce que j'ai envie de devenir. Je vais avoir 24 ans et j'ai mis beaucoup plus de temps que les autres à me développer sur certains points, je suis relativement mature pour mon âge, j'ai vécu des choses que d'autres vivront plus tard ou ne vivront jamais. J'essaye de construire ma vie actuelle tout en consolidant mes fondations, ce qui me demande double de travail. Je construis une maison en bois (non parce que faut pas déconner je ne suis pas encore à l'étape de savoir faire du béton) sur une base de château de carte. En gros je peux d'un moment à l'autre me casser la gueule.
Je suis ravie de voir des voix s'élever par rapport à la dépression, je suis triste de m'y retrouver mais ça banalise la chose, ça la sort de son carcan avec inscrit "tabou" dessus en lettre majuscules et grasses. Je ne vais pas vous exposer ici les maladies mentales dont je suis atteinte. J'en ai parlé un peu à droite à gauche et si ça me prend j'en parlerais de manière plus profonde. Je suis assez fière de moi de pouvoir en parler et tenter de l'expliquer aux gens sans fondre en larmes. Néanmoins la plupart des gens ne sont pas éduqués à ça. Le symptôme dépressif est particulièrement mal vu, "si tu veux t'en sortir t'as qu'a te sortir les doigt du cul" m'a-t-on gentiment affirmé plusieurs fois, sachez le cette phrase donne envie de vous dépecer vivant. Je ne souhaite à personne ce que je traverse, mais j'aimerais beaucoup vous y voir et à défaut ça me donne vraiment envie de vous retourner comme un lapin. La dépression n'est pas un manque de volonté à proprement parlé chez quiconque, oui certains n'ont pas la volonté de s'en sortir parce que tout est trop moche à leurs yeux, tu ne peux leur dire juste "vas y fais le, ai envie de t'en sortir". Mais allez y continuez de répandre cette très jolie phrase avec "quand on veut on peut", vous savez certainement mieux que les psy, et une médaille vous sera rendu pour avoir régler le problème de notre époque avec une seule phrase a laquelle personne n'avait pensé avant. Merci.
J'ai reblogué ce truc sur mon tumblr hier soir via chameleon child
Je suis ravie de voir des voix s'élever par rapport à la dépression, je suis triste de m'y retrouver mais ça banalise la chose, ça la sort de son carcan avec inscrit "tabou" dessus en lettre majuscules et grasses. Je ne vais pas vous exposer ici les maladies mentales dont je suis atteinte. J'en ai parlé un peu à droite à gauche et si ça me prend j'en parlerais de manière plus profonde. Je suis assez fière de moi de pouvoir en parler et tenter de l'expliquer aux gens sans fondre en larmes. Néanmoins la plupart des gens ne sont pas éduqués à ça. Le symptôme dépressif est particulièrement mal vu, "si tu veux t'en sortir t'as qu'a te sortir les doigt du cul" m'a-t-on gentiment affirmé plusieurs fois, sachez le cette phrase donne envie de vous dépecer vivant. Je ne souhaite à personne ce que je traverse, mais j'aimerais beaucoup vous y voir et à défaut ça me donne vraiment envie de vous retourner comme un lapin. La dépression n'est pas un manque de volonté à proprement parlé chez quiconque, oui certains n'ont pas la volonté de s'en sortir parce que tout est trop moche à leurs yeux, tu ne peux leur dire juste "vas y fais le, ai envie de t'en sortir". Mais allez y continuez de répandre cette très jolie phrase avec "quand on veut on peut", vous savez certainement mieux que les psy, et une médaille vous sera rendu pour avoir régler le problème de notre époque avec une seule phrase a laquelle personne n'avait pensé avant. Merci.
J'ai reblogué ce truc sur mon tumblr hier soir via chameleon child
Don’t make assumptions about my health
- Just because I do something one day doesn’t mean I can do it another
- In fact sometimes BECAUSE i’ve done something one day will mean I can’t do it the next
- Just because I decide to do things that might be detrimental to my health occasionally doesn’t mean it’s okay for you to pressure me into doing similar things
- Just because I say I’m feeling good doesn’t mean I’m symptom free
- You don’t know how far I can walk
- You don’t know what I can eat
- You don’t know what my boundaries are
- You don’t know what I’m feeling right now
- and you don’t know the effect something will have
- and FYI "I had a shower today" is a completely legit reason not to do anything else
Je traduis pour les non anglophones
Ne faites pas de suppositions sur ma santé
-Juste parce que je fais un truc un jour ne veut pas dire que je pourrais le refaire.
-Justement parfois c'est parce que je fais un truc tel jour que je ne pourrais le refaire le lendemain.
-Ce n'est pas parce que parfois je décide de faire des trucs au détriment de ma santé que ça veut dire que c'est okay de me pousser à faire des choses similaires.
-Ce n'est pas parce que je dis que je vais bien que je n'ai plus de symptômes
-Vous ne savez jusqu'où je peux marcher
-Vous ne savez pas ce que je peux manger
-Vous ne savez pas quelles sont mes limites
-Et vous ne savez pas les conséquences que certaines choses peuvent avoir
-Et pour votre information "J'ai pris une douche aujourd'hui" est une raison complètement légitime pour ne rien faire d'autre
Un autre super lien
Je me suis récemment brouillée avec une amie (cette anecdote va probablement m'attirer des ennuis, mais il est hors de question que je me censure ici), après que mon mec m'ai quitté, j'étais dans une phase basse, journée au lit, fixement de plafond, envie de rien faire, je ne veux voir personne. Dans ces moments là je suis encore plus socialement inapte que dans la vraie vie du coup j'ai été désagréable (sans le vouloir) dans certains de mes comportements, malgré mes explications ou mes tentatives d'explications et d'excuses, cette personne a confirmé vouloir couper les ponts. Je ne veux pas juger le degré de gravité de ma faute, si l'autre le ressent comme quelque chose d'horrible c'est que ça l'est pour elle, néanmoins je suis attristée par la non compréhension ou non tentative de compréhension du truc (ce qui avait déjà été le cas auparavant). Après avoir été réellement triste de l'annonce de couper les ponts, je me suis finalement dit que nous n'étions pas faites pour continuer à nous parler, je souhaite m'entourer de gens qui me comprennent ou du moins qui essaye. (Il n'y a aucun ton vengeur ou désagréable juste un constat et un récit qui j'espère aidera d'autres gens dans ce cas)
Tout ce blabla pour dire que si vous avez un ami, un amour ou un membre de votre famille atteint, renseignez vous au maximum, posez des questions de manière polie, évitez les grandes phrases clichées parce que non vous ne "comprenez pas totalement". Plus vous essayez de comprendre et en savez sur la maladie et sur la manière dont le vit la personne plus vous pourrez agir à votre échelle. Ne jugez pas.
dimanche 8 septembre 2013
AA
Ce texte va être compliqué à sortir, vous me pardonnerez si c'est confus, et sans poésie.
J'ai fait une crise d'angoisse y'a deux heures, une belle, une comme j'en ai pas fait depuis six mois. Celle qui te happe, qui déconnecte ton cerveau, le monde autour de toi n'existe plus, et des larmes roulent sur tes joues. Ça se joue en vingt secondes et tu n'as plus aucun contrôle, elle s'accroche dans ta poitrine, ça serre, ça fait mal putain, elle descend dans ton estomac et y met tout son poids. Tu n'arrives plus à respirer, tu cherche de l'air en vain, tu ne sais plus où donner de la tête, faut remettre tes idées en place, aider ton cerveau pour le retour à la réalité, te calmer, enlever ce poids qui se trouve un peu partout dans ton corps, arriver à respirer... Ah oui, respirer, faudrait peut-être commencer par là, j'ai pas de sac en papier pour m'aider, faut que je compte, plus rien n'existe, un, deux, un, deux, expire bien, inspire pas trop. Je serre fort la main de ma moitié, allez arrête, t'as l'air bête et ridicule, je suis sûre qu'il comprend rien, un, deux, expire fort, inspire un peu. Je m'abreuve de son odeur, de ses bras qui m'enserrent, t'es en sécurité, même avec tout ce monde autour, il est là, expire beaucoup, inspire doucement.
Il suffit d'une odeur, d'une musique pour que tout flanche, ça m'arrive de moins en moins, au bout de huit ans et avec tout ce que j'ai traversé, j'ai appris à contrôler. J'ai changé d'endroit mille fois pour ne plus affronter les souvenirs, j'ai appris à gérer.Mais là c'était trop, trop gros, trop dingue, trop réel et impossible à la fois.
Ton violeur en face de toi ou peut-être pas, juste quelqu'un qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau mais putain c'est déjà trop, et tu tombes, le sol s'échappe sous tes pieds, tu glisses déjà dans le tuyau de l'angoisse. Aperçu deux secondes et tu pleures déjà à gros sanglots, je vous jure j'ai essayé, j'ai tenu tant que j'ai pu, j'entendais plus rien, je voyais plus rien "tu veux qu'on aille par là?" "oui heu je sais pas" T'essayes de rester debout, de continuer à marcher, puis ça coule sur tes joues, faut que tu t'assois. Essaye de rationaliser, pourquoi ici, pourquoi lui, c'est pas lui, oui mais c'était quoi ce regard, t'façon c'est trop tard la machine est lancée. Tout remonte à la surface, ton sang se glace. Oui attrape moi fort, comme ça c'est ça, ramène moi à notre réalité, celle où je suis forte et déterminée. Ton violeur à deux mètres de toi et patatra.
J'ai fait une crise d'angoisse y'a deux heures, une belle, une comme j'en ai pas fait depuis six mois. Celle qui te happe, qui déconnecte ton cerveau, le monde autour de toi n'existe plus, et des larmes roulent sur tes joues. Ça se joue en vingt secondes et tu n'as plus aucun contrôle, elle s'accroche dans ta poitrine, ça serre, ça fait mal putain, elle descend dans ton estomac et y met tout son poids. Tu n'arrives plus à respirer, tu cherche de l'air en vain, tu ne sais plus où donner de la tête, faut remettre tes idées en place, aider ton cerveau pour le retour à la réalité, te calmer, enlever ce poids qui se trouve un peu partout dans ton corps, arriver à respirer... Ah oui, respirer, faudrait peut-être commencer par là, j'ai pas de sac en papier pour m'aider, faut que je compte, plus rien n'existe, un, deux, un, deux, expire bien, inspire pas trop. Je serre fort la main de ma moitié, allez arrête, t'as l'air bête et ridicule, je suis sûre qu'il comprend rien, un, deux, expire fort, inspire un peu. Je m'abreuve de son odeur, de ses bras qui m'enserrent, t'es en sécurité, même avec tout ce monde autour, il est là, expire beaucoup, inspire doucement.
Il suffit d'une odeur, d'une musique pour que tout flanche, ça m'arrive de moins en moins, au bout de huit ans et avec tout ce que j'ai traversé, j'ai appris à contrôler. J'ai changé d'endroit mille fois pour ne plus affronter les souvenirs, j'ai appris à gérer.Mais là c'était trop, trop gros, trop dingue, trop réel et impossible à la fois.
Ton violeur en face de toi ou peut-être pas, juste quelqu'un qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau mais putain c'est déjà trop, et tu tombes, le sol s'échappe sous tes pieds, tu glisses déjà dans le tuyau de l'angoisse. Aperçu deux secondes et tu pleures déjà à gros sanglots, je vous jure j'ai essayé, j'ai tenu tant que j'ai pu, j'entendais plus rien, je voyais plus rien "tu veux qu'on aille par là?" "oui heu je sais pas" T'essayes de rester debout, de continuer à marcher, puis ça coule sur tes joues, faut que tu t'assois. Essaye de rationaliser, pourquoi ici, pourquoi lui, c'est pas lui, oui mais c'était quoi ce regard, t'façon c'est trop tard la machine est lancée. Tout remonte à la surface, ton sang se glace. Oui attrape moi fort, comme ça c'est ça, ramène moi à notre réalité, celle où je suis forte et déterminée. Ton violeur à deux mètres de toi et patatra.
mardi 3 septembre 2013
Rimes en our
Parfois je suis une boule d'émotivité, j'arrive plus à me contrôler, souvent ça arrive si je suis malade soit 70% du temps vu ma santé de lapin myxomatosé. Souvent ça commence doucement, je me sens fatiguée, puis j'ai des nausées, je finis par m'allonger puis ça rentre dans ma bouche, ça descend le long de ma trachée, ça se bloque, ça m'empêche de respirer, une autre pensée se glisse le long de mon œsophage , ça s'infiltre dans mon sang, ça se faufile dans mes veines, je ne peux plus bouger. Une pensée sarcophage, un truc qui te paralyse et je finis par me mettre à pleurer. Comment tu veux expliquer ça au gens qui t'entourent? Je pleure parce que j'ai plus la force d'affronter tout ça, en deux secondes je deviens la fille la plus malheureuse du monde pour une putain de pensée, pour un putain de sentiment d'abandon, je ne me sens plus aimée, à un tel point que ça de me donne envie de gerber. Je voudrais enfoncer ces deux doigts dans ma bouche et vomir toutes ces pensées, ces idées noires, le fait que je ne serais jamais aimée, que je suis toute cassé, une tarée émotive pas bien raccommodée. Comment tu veux expliquer aux gens cette douleur qui te transperce? Cette envie de fouiller dans ton ventre pour comprendre ce qui cloche la dedans? Cette envie d'autopsier ton cœur et ton cerveau? De les découper sur la table? Pour que tu comprennes enfin ce qui va pas chez toi et que tu puisses te soigner ou au moins l'expliquer? Je suis un puits à tendresse, une sangsue d'amour, je suis un corps à caresses, un compte à rebours.
lundi 2 septembre 2013
Lettre à ma mère
Aujourd'hui, je mange avec mes mains même que des fois je me les lave pas avant de manger, je ne fond pas en larmes si il n'y a plus de savon, je vais dans des toilettes publiques, je m’assois par terre, je lave le sol de chez moi une fois par semaine voir toutes les deux semaines, je change mes draps tous les quinze jours, je ne vérifie pas la position des clés avant de me coucher, je peux partir de chez moi en ayant une fenêtre ouverte, je ne me lave qu'une fois par jour, deux si besoin, je mets mes doigts dans mon nez (sisi je te jure), je me frotte les yeux, je me masturbe et pas qu'un peu, je fais du sexe et même avec des que je connais pas depuis un an, et même avec des que ça durera pas, je mange et je mange équilibré, je prends soin de moi, je me maquille, je mets de la crème et j'ai plaisir à choisir des jolis vêtements, je fais des projets, je ne prends pas de douche après un cauchemar sauf si c'est un gros, je n'ai pas les mains pleines de crevasses en hiver, un gel hydroalcoolique n'est pas indispensable à mon bien être, je panique moins en présence de sang, je me lave les mains entre cinq et dix fois par jour, j'aime bien être à la terrasse d'un bar, j'ai moins peur des gens, je suis capable d'interagir avec l'extérieur et d'aimer ça, je peux prendre le métro, le bus, je peux vivre pour une semaine avec des gens que je ne connais pas, je peux utiliser des douches communes, je peux boire dans un verre après mon père, je n'observe pas si la personne qui prépare le repas se lave les mains. Aujourd'hui je vis.
Alors quand tu me dis que depuis trois ans la situation n'évolue pas, je ris doucement. Ce n'est pas parce que tu ne les vois pas et ne les valide pas que ça n'en est pas moins des victoires.
Alors quand tu me dis que depuis trois ans la situation n'évolue pas, je ris doucement. Ce n'est pas parce que tu ne les vois pas et ne les valide pas que ça n'en est pas moins des victoires.
mercredi 21 août 2013
Deuil à la con
Tu te rappelles de ce texte où je te parlais de petits ruisseaux dans mon oreiller, que j'avais plein de gens autour de moi et à quel point c'était joli?
La vérité c'est que c'est un peu plus moche, à un moment tu finis par ne plus correspondre à ce que les gens attendent de toi, et ils s'en vont. Parce que tout ça c'est éphémère. Tu pensais que t'en avais conscience, les relations on the web c'est quand même un peu bancal, mais tu t'es laissé prendre au jeu puis au final c'est pas si dangereux, on peut s'appeler un peu, tu peux être là quand ça va pas, je peux être là quand t'es triste,soul et las. Et toi avec ta naïveté habituelle, ton merveilleux monde des bisounours, tu penses que t'as construit un truc, une sorte de lien éternel (non peut-être pas c'était pour la rime), un truc qui va au delà du simple plan charnel. Bam crochet du droit, uppercut, tombé du toit.
Alors voilà avec Basil c'est fini (ce jeux de mot n'est compréhensible que par moi même), j'ai cru que j'avais réussi à y mettre une dynamique différente avec celui-là, et puis tu tombes de haut. Et même si aujourd'hui t'as ce que tu veux dans ta vie, c'est toujours dur de laisser partir autrui. Surtout quand cet abruti a été là pour toi dans certains pires moments de ta vie, quand il t'a entendu en pleurs au téléphone, que tu lui as confié certains détails intimes de ta vie. Et aujourd'hui tu te retrouves à abandonner tout ça.
Deuil de relation à la con.
Pour être honnête, t'étais aussi mon filet de sécurité, celui qui me rappelait que ouais putain j'ai morflé, que je méritais plus que ce qu'on m'avait donné, t'étais mon lien avec avant, le passé que t'as tendance a oublié parce que oui aujourd'hui c'est tout beau et tout rose oui mais demain? Comment je ferais demain?
La vérité c'est que c'est un peu plus moche, à un moment tu finis par ne plus correspondre à ce que les gens attendent de toi, et ils s'en vont. Parce que tout ça c'est éphémère. Tu pensais que t'en avais conscience, les relations on the web c'est quand même un peu bancal, mais tu t'es laissé prendre au jeu puis au final c'est pas si dangereux, on peut s'appeler un peu, tu peux être là quand ça va pas, je peux être là quand t'es triste,soul et las. Et toi avec ta naïveté habituelle, ton merveilleux monde des bisounours, tu penses que t'as construit un truc, une sorte de lien éternel (non peut-être pas c'était pour la rime), un truc qui va au delà du simple plan charnel. Bam crochet du droit, uppercut, tombé du toit.
Alors voilà avec Basil c'est fini (ce jeux de mot n'est compréhensible que par moi même), j'ai cru que j'avais réussi à y mettre une dynamique différente avec celui-là, et puis tu tombes de haut. Et même si aujourd'hui t'as ce que tu veux dans ta vie, c'est toujours dur de laisser partir autrui. Surtout quand cet abruti a été là pour toi dans certains pires moments de ta vie, quand il t'a entendu en pleurs au téléphone, que tu lui as confié certains détails intimes de ta vie. Et aujourd'hui tu te retrouves à abandonner tout ça.
Deuil de relation à la con.
Pour être honnête, t'étais aussi mon filet de sécurité, celui qui me rappelait que ouais putain j'ai morflé, que je méritais plus que ce qu'on m'avait donné, t'étais mon lien avec avant, le passé que t'as tendance a oublié parce que oui aujourd'hui c'est tout beau et tout rose oui mais demain? Comment je ferais demain?
dimanche 11 août 2013
Bilan à froid
J'ai passé un mois génial, j'étais moi, la vivante, la bout en train, la drôle, celle qui prend des initiatives et qui excelle dans son job. Y'a eu des moments moins drôles, où t'as l'impression qu'on te demande de t'asseoir sur tes valeurs, où ton esprit n'est tellement pas d'accord que ton corps te fait mal mais c'était deux jours sur un mois. Et puis y'a eu tout le reste, les phrases de gamins, les citations philosophiques d'animateurs et d'animatrices, les sourires, les yeux émerveillés, les paysages incroyables, des nouvelles amitiés, je suis retombé un peu amoureuse aussi, j'ai été conforté dans ma voie professionnelle. Mes nuits ont été plus belles une fois accompagnée, mes jours ont été remplis de rire et de choses à gérer. Je me suis senti complète et c'était plutôt chouette
mercredi 3 juillet 2013
Toi et moi et les gorges de Pennafort
Pendant un temps je disais que sortir avec son ex c'était comme ravaler son vomi. Aujourd'hui je dois avouer que c'est comme ravaler un sacré bon vomi alors. Oui je sais je suis crade. Je sais que c'est pas bon pour moi, mais j'aime bien quand ma vie est dans un espèce de chaos, tourbillon de sentiments. J'ai besoin de ça, j'ai besoin de me sentir vivante, j'ai besoin que ça palpite, que ça fouette dans mes veines, j'ai besoin de ne plus réfléchir. Il est probable que je le regrette à la fin, mais en attendant je vis. J'ai arrêté de regarder le plafond pendant des heures, et d'être paralysée. Ces deux mois vont sûrement être les plus importants de ma vie, les plus déterminant, si tu m'aimes dis le moi, je vais en avoir besoin. En attendant, je me baigne toute nue dans les rivières, j'embrume mon cerveau à coup d'alcool, ce bâtard ne veut pas me laisser tranquille. Je ressens tout et rien à la fois, oui c'est assez contradictoire, je suis dedans et en même temps j'essaye de me détacher, j'en aime un et en même temps je les aime tous, je suis un et plusieurs à la fois. S'il te plaît ne t'en va pas, pas encore une fois.
mardi 25 juin 2013
On fait le bilan calmement
Je n'arrive pas à trouver de bon moment pour écrire ce texte, et je crois que c'est parce qu'il n'y aura jamais de bon moment. C'est important que je le fasse, pour plus tard, pour me souvenir.
Je suis arrivé à Independanceville il y a trois ans et demi, avec un sac à dos et mon dossier pour m'inscrire à la fac. J'étais partis de chez ma grand-mère (loin) et je faisais l'aller retour dans la journée.
J'y suis retourné une semaine plus tard avec mon même sac à dos, pour commencer les cours et je dormais chez ma meilleure amie. Quand je me remémore ces souvenirs, j'ai comme un goût dans la bouche, de bonbons, de subway végétariens (mes premiers) et de larmes salées, c'est le goût de l'indépendance et de la liberté. Je m'étais sauvée enfin, j'avais fui et je prenais mon destin en main, il s'avère que ça a été plus compliqué que sur le papier, mais je me souviendrais toujours de cette sensation au creux de mon ventre, de cette ville qui fourmillait de promesses, d'avenir, de perspectives et d'envie de vivre. Si je fais le bilan, j'y ai vécu trois ans et demi, j'ai eu deux appartements, trois restaurants préférés, bu au moins 50 bouteilles de champagne, eu deux dépressions, découvert une vocation, eu quatre boulots, appris quatre langues,acquit trente appareils photo, je me suis engueulé trois cents fois avec mes parents, été six fois à l'hôpital, eu un rat et deux chats, eu les cheveux bleus trois fois, j'ai perdu six boules de pierçing, j'y ai fait deux tatouages, je m'y suis fait deux vraies amies et un meilleur ami pour la vie et j'y ai vécu trois histoires d'amour et je suis tombé amoureuse une fois. Je ne peux dire combien de litre de liquide salé ont débordé de mes yeux, ni combien de sourire se sont dessinés sur mes lèvres, j'ai des regrets, des trucs que je n'ai pas eu le temps de faire, c'est pas dramatique, ça me donne juste envie de vivre de manière plus intense la prochaine fois. Je sais que je ne pouvais pas rester plus, je suis parti un peu sur un coup de tête mais c'était le mieux à faire,j'étais arrivée au bout de mon amour pour Independanceville. Je l'ai épuisée jusqu'à la moelle, j'ai pris tout ce que je pouvais, j'ai enregistré dans ma tête toutes ces images les tristes et les jolies : le ciel violet du balcon, les éclairs les soirs de forte chaleur,la cathédrale illuminée,le marché de Noël, la gare,le soleil les fins de dimanche sur les brocantes,son regard au Fort, les yeux rieurs d'Elsa, le jour qui se lève sur le parc du centre, toutes ces odeurs : l'odeur de vacances dans le couloirs, l'odeur de la 2cv, celle de l'herbe mix goudron chaud après la pluie, celle de la crème solaire et de la peinture, des cigarettes menthol ...
C'est la fin d'une époque, de certaines envies, je ne sais pas où je vais mais je sais que j'ai fait pour le mieux.
Je suis arrivé à Independanceville il y a trois ans et demi, avec un sac à dos et mon dossier pour m'inscrire à la fac. J'étais partis de chez ma grand-mère (loin) et je faisais l'aller retour dans la journée.
J'y suis retourné une semaine plus tard avec mon même sac à dos, pour commencer les cours et je dormais chez ma meilleure amie. Quand je me remémore ces souvenirs, j'ai comme un goût dans la bouche, de bonbons, de subway végétariens (mes premiers) et de larmes salées, c'est le goût de l'indépendance et de la liberté. Je m'étais sauvée enfin, j'avais fui et je prenais mon destin en main, il s'avère que ça a été plus compliqué que sur le papier, mais je me souviendrais toujours de cette sensation au creux de mon ventre, de cette ville qui fourmillait de promesses, d'avenir, de perspectives et d'envie de vivre. Si je fais le bilan, j'y ai vécu trois ans et demi, j'ai eu deux appartements, trois restaurants préférés, bu au moins 50 bouteilles de champagne, eu deux dépressions, découvert une vocation, eu quatre boulots, appris quatre langues,acquit trente appareils photo, je me suis engueulé trois cents fois avec mes parents, été six fois à l'hôpital, eu un rat et deux chats, eu les cheveux bleus trois fois, j'ai perdu six boules de pierçing, j'y ai fait deux tatouages, je m'y suis fait deux vraies amies et un meilleur ami pour la vie et j'y ai vécu trois histoires d'amour et je suis tombé amoureuse une fois. Je ne peux dire combien de litre de liquide salé ont débordé de mes yeux, ni combien de sourire se sont dessinés sur mes lèvres, j'ai des regrets, des trucs que je n'ai pas eu le temps de faire, c'est pas dramatique, ça me donne juste envie de vivre de manière plus intense la prochaine fois. Je sais que je ne pouvais pas rester plus, je suis parti un peu sur un coup de tête mais c'était le mieux à faire,j'étais arrivée au bout de mon amour pour Independanceville. Je l'ai épuisée jusqu'à la moelle, j'ai pris tout ce que je pouvais, j'ai enregistré dans ma tête toutes ces images les tristes et les jolies : le ciel violet du balcon, les éclairs les soirs de forte chaleur,la cathédrale illuminée,le marché de Noël, la gare,le soleil les fins de dimanche sur les brocantes,son regard au Fort, les yeux rieurs d'Elsa, le jour qui se lève sur le parc du centre, toutes ces odeurs : l'odeur de vacances dans le couloirs, l'odeur de la 2cv, celle de l'herbe mix goudron chaud après la pluie, celle de la crème solaire et de la peinture, des cigarettes menthol ...
C'est la fin d'une époque, de certaines envies, je ne sais pas où je vais mais je sais que j'ai fait pour le mieux.
mardi 11 juin 2013
Je vous préviens, je ne sais pas ce que va donner cet article.
On pourrait croire au vu de ce que j'ai vécu comme expérience dans ma vie, que je serais devenue quelqu'un de méfiant, qui s'attache peu. Eh bien non, je suis la conne qui n'a pas retenu la leçon.
Je fais confiance en gens, je continue d'espérer que l'être humain ne soit pas si crade et si dérangé qu'on veut bien me le faire croire. Alors je suis là avec ma naïveté dans une main et mon espoir dans l'autre, j'ai plein de bonbons au goût candide qui déborde de mes poches, et je regarde les gens avec mes grand yeux noirs, prête à croire à la moindre étincelle dans ces corps cassés.
Dès fois je souffle discrètement, pas trop fort, juste un peu voir si ça se rallume, voir si mes yeux vont briller à la lumière de ce truc minuscule.
Ce texte n'a ni queue ni tête j'avais prévenu.
J'ai pas mal de gens dans ma vie (pour quelqu'un qui a été habitué à compter les gens sur trois doigts, c'est beaucoup), pas des que je peux toucher pour certains mais ils sont là, ils font partie de mon quotidien, des fois beaucoup, dès fois pendant des périodes plus ou moins longues ils s'absentent un peu. Je suis du genre fusionnelle alors dans les périodes fastes ça peut être beaucoup beaucoup. Chaque relation est unique, y'en a je les aime de loin mais on sait qu'on peut compter les uns sur les autres, y'en a qui sont loin géographiquement mais tout près dans ma vie, y'a les drôles, les sérieux, les bonnes oreilles, les parleurs, les rebelles, les détruits. Parfois c'est le bordel pour s'y retrouver, à qui on a dis quoi, qui est où, le nom du partenaire de vie du moment... Mais j'aime bien, dans un sens je suis devenue une sangsue à tendresse, et un puits d'amour. Je reçois et je donne, je donne et je reçois. C'est joli, ça ferait des petits ruisseaux dans mon oreiller tellement c'est beau. Je sais pas combien de temps ça va durer et j'ai pas envie de savoir, pour l'instant c'est bien, c'est ce qu'il me faut.
Je vous avais prévenu.
lundi 3 juin 2013
Le truc
Le truc quand on a passé presque toute sa vie entouré d'alcooliques c'est qu'on les repère très facilement. Pas à leur nez, ni à leur visage, je n'ai pas besoin de les voir, juste à leur odeur, et je pousse le vice jusqu'à savoir l'alcool qu'ils préfèrent pour se mettre la tête à l'envers.
Leader Price, Reims, 16h30, aujourd'hui
Je passe à la caisse, la caissière, je l'aime bien enfin non, en fait j'ai une sorte d'affection pour elle. Elle est arrivée il y a un an souriante, les yeux pétillants et aujourd'hui elle n'est plus que l'ombre d'elle même, aigrie et fatiguée. Le géant du bas prix la tue à petit feu. Il y a un couple derrière moi, d'habitude je regarde toujours les achats des gens, mais là je suis concentrée sur la femme qui rit et appelle son mari "mon cœur". Je me dis que ce doit être un couple recomposé, l'homme est derrière moi et son odeur m'arrive au nez : un mélange d'eau de Cologne bon marché, de tabac et de whisky.
Lorsque tu bois tout les jours, même pas forcément jusqu’à t'en faire gerber, ta peau change d'odeur, le tabac amplifie ce phénomène. Chaque alcool laisse une odeur différente sur la peau des gens, y'a que la vodka que j'ai un peu de mal à identifier.
Je ne sais pas si je dois trouver ce don absolument exceptionnel ou triste à pleurer, je suppose qu'il en dit long sur mes connaissances et mes choix de vie. Le plus triste surement est que je trouve ce mélange alcool + tabac + parfum cheap relativement rassurant, une sorte de baba au rhum de Proust, un truc dans lequel j'ai, pendant l'espace d'une seconde, envie de me rouler en boule dedans.
Leader Price, Reims, 16h30, aujourd'hui
Je passe à la caisse, la caissière, je l'aime bien enfin non, en fait j'ai une sorte d'affection pour elle. Elle est arrivée il y a un an souriante, les yeux pétillants et aujourd'hui elle n'est plus que l'ombre d'elle même, aigrie et fatiguée. Le géant du bas prix la tue à petit feu. Il y a un couple derrière moi, d'habitude je regarde toujours les achats des gens, mais là je suis concentrée sur la femme qui rit et appelle son mari "mon cœur". Je me dis que ce doit être un couple recomposé, l'homme est derrière moi et son odeur m'arrive au nez : un mélange d'eau de Cologne bon marché, de tabac et de whisky.
Lorsque tu bois tout les jours, même pas forcément jusqu’à t'en faire gerber, ta peau change d'odeur, le tabac amplifie ce phénomène. Chaque alcool laisse une odeur différente sur la peau des gens, y'a que la vodka que j'ai un peu de mal à identifier.
Je ne sais pas si je dois trouver ce don absolument exceptionnel ou triste à pleurer, je suppose qu'il en dit long sur mes connaissances et mes choix de vie. Le plus triste surement est que je trouve ce mélange alcool + tabac + parfum cheap relativement rassurant, une sorte de baba au rhum de Proust, un truc dans lequel j'ai, pendant l'espace d'une seconde, envie de me rouler en boule dedans.
vendredi 31 mai 2013
23h45
Demain c'est les Fêtes Johanniques.
Y'a un an, on a été au Fêtes Johanniques, on s'est baladés main dans la main, on a bu du vin avec des mecs d'un stand, on a rit, on a parlé et c'était chouette.
Ce soir je suis fatiguée, et y'a des larmes qui débordent de mes yeux. Y'a du vide qui déborde de ma bouche, ça se faufile dans mes veines, ça entoure mes organes et ça les serre. Je sens plus mes mains, je sens plus mon cœur et mon cerveau s'est mis en pilote automatique.
Y'a un an, je ne savais pas, j'étais innocente et insouciante, j'avais des grenouilles dans l'estomac et c'était plutôt chouette.
Ce soir, les grenouilles sont mortes, l'innocence envolée et il me reste juste mes yeux pour pleurer. Je tiens à peine debout.
Y'a un an t'étais là et ça, ça change tout.
Y'a un an, on a été au Fêtes Johanniques, on s'est baladés main dans la main, on a bu du vin avec des mecs d'un stand, on a rit, on a parlé et c'était chouette.
Ce soir je suis fatiguée, et y'a des larmes qui débordent de mes yeux. Y'a du vide qui déborde de ma bouche, ça se faufile dans mes veines, ça entoure mes organes et ça les serre. Je sens plus mes mains, je sens plus mon cœur et mon cerveau s'est mis en pilote automatique.
Y'a un an, je ne savais pas, j'étais innocente et insouciante, j'avais des grenouilles dans l'estomac et c'était plutôt chouette.
Ce soir, les grenouilles sont mortes, l'innocence envolée et il me reste juste mes yeux pour pleurer. Je tiens à peine debout.
Y'a un an t'étais là et ça, ça change tout.
mardi 28 mai 2013
Dialogue
Tu crois quoi? T'es là avec ta gueule mouillée et tes pieds sales. Tu crois que c'est comme ça que tu vas me donner envie? Assise par terre, on dirait un moineau avec une aile broyée. Toute façon c'est ce que t'es, t'es broyée de l'intérieur, y'a plus rien qui existe à l'intérieur de toi, on ne pourrait même pas y faire pousser un acacia, même ton cœur il s'est barré, il veut plus toi, adieu le chat. Ton estomac c'est une serpillière, tu le noies sous l'alcool pour diluer tes angoisses et tes peurs, tu espères que si tu les vomis elle ne monteront pas jusqu’à ton cerveau. D'ailleurs parlons en de celui-là! Même plus capable d'envoyer correctement les messages nerveux, tu restes paralysée, allongée toute la journée, à regarder le plafond, comme si ça allait t'aider, comme si le plafond détenait la solution. Putain tu me fais marrer! Tu crois que j'ai envie de te sauver, de nous sauver? Plutôt crever, ouais. Avec ta gueule enfarinée, tu crois que j'en ai envie de cette vie de là? Le bonheur c'est trop de pression pour toi, tu gâches tout dès que tu l'aperçois tout là bas et encore pire si tu le touches du bout des doigts. C'est plus facile pour toi d'être malheureuse, plus facile de décrocher, tu te laisses porter et puis tu regardes ton stupide plafonnier. La vie ça demande de la force, faut s'accrocher, faut se battre, toi avec tes petits poings et tes muscles en fromage blanc, forcément tu fais pas le poids. Tu crois que j'ai envie de t'aimer? Je t'aime comme on aime les monstres, ils sont gentils mais on ne veut pas d'eux dans notre vie. Allez défends toi, aie un sursaut, un peu de fierté, de dignité. Tu me fais honte, y'a plus rien, plus une seule étincelle dans tes yeux, t'es vide de l'intérieur, si on te touche tu vas tomber en morceaux. On aura l'air beaux, tiens. J'ai tout essayé, ça me fait trop de mal de te regarder, le vide enfle en toi, tu vas finir par éclater. Puis toute façon si c'est pas lui, c'est moi qui te tuerais. Y'a plus rien qui se propage en toi, la vie te traverse à peine. Putain t'as l'air maline, avec tes larmes aux coins des yeux, et ta bouche qui se tord de douleur, comme si tu me faisais déjà pas assez peur. Putain ressaisis toi, tu crois que t'as besoin de ça? Comme si on avait pas assez souffert, comme si notre vie était déjà pas enfer.
Je veux plus te voir, arrête de te regarder dans le miroir, retourne t'allonger de toute façon c'est pas aujourd'hui qu'on va changer.
Je veux plus te voir, arrête de te regarder dans le miroir, retourne t'allonger de toute façon c'est pas aujourd'hui qu'on va changer.
Moi je et mon tu
Je veux l'ivresse, l'envie et la passion. Je veux goûter, croquer avec déraison.
Ces trucs qui font que tu te sens vivant, que ça bat encore là dedans, que ça fourmille encore dans ton sang. Le soucis c'est que ça détruit ton cœur, tu deviens tornade, cyclone et condensé d'électricité et lui, il sait plus avancer. Tu crois qu'il va survivre à ton envie de vivre?
J'ai envie de vibrations, je veux sentir chaque pore de ma peau, je veux que ça crisse, que ça glisse. T'façon tu sais pas écarter les cuisses sans y laisser un bout de toi, oui c'est un délice mais tu sais pas faire ça.
J'ai plus besoin d'être construite, d'être debout, y'a plein de trous à l'intérieur, dans mon cœur, je suis le chaos, un truc qui part en fumée, je suis poussière. Je suis par terre , y'a mon coeur qui se serre, fallait pas franchir les barrières.
Je voulais juste l'ivresse et de la tendresse, un peu de folie après la tristesse.
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