lundi 2 septembre 2013

Lettre à ma mère

Aujourd'hui, je mange avec mes mains même que des fois je me les lave pas avant de manger, je ne fond pas en larmes si il n'y a plus de savon, je vais dans des toilettes publiques, je m’assois par terre, je lave le sol de chez moi une fois par semaine voir toutes les deux semaines, je change mes draps tous les quinze jours, je ne vérifie pas la position des clés avant de me coucher, je peux partir de chez moi en ayant une fenêtre ouverte, je ne me lave qu'une fois par jour, deux si besoin, je mets mes doigts dans mon nez (sisi je te jure), je me frotte les yeux, je me masturbe et pas qu'un peu, je fais du sexe et même avec des que je connais pas depuis un an, et même avec des que ça durera pas, je mange et je mange équilibré, je prends soin de moi, je me maquille, je mets de la crème et j'ai plaisir à choisir des jolis vêtements, je fais des projets, je ne prends pas de douche après un cauchemar sauf si c'est un gros, je n'ai pas les mains pleines de crevasses en hiver, un gel hydroalcoolique n'est pas indispensable à mon bien être, je panique moins en présence de sang, je me lave les mains entre cinq et dix fois par jour, j'aime bien être à la terrasse d'un bar, j'ai moins peur des gens, je suis capable d'interagir avec l'extérieur et d'aimer ça, je peux prendre le métro, le bus, je peux vivre pour une semaine avec des gens que je ne connais pas, je peux utiliser des douches communes, je peux boire dans un verre après mon père, je n'observe pas si la personne qui prépare le repas se lave les mains. Aujourd'hui je vis.

Alors quand tu me dis que depuis trois ans la situation n'évolue pas, je ris doucement. Ce n'est pas parce que tu ne les vois pas et ne les valide pas que ça n'en est pas moins des victoires.

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