dimanche 22 septembre 2013
Comptine
J'ai chaud, j'ai vraiment chaud, et pourtant je tremble et des frissons se dessinent sur ma peau. J'ai froid mais l'intérieur est en feu. Pourquoi tu me fais toujours cet effet là? Je n'arrive plus à me concentrer, ma tête tourne à moins que ce soit le monde qui tourne, je flanche dangereusement. Stop, calme toi, je mets ma tête dans les mains. Respire.Qu'est ce qui c'est passé? Qu'est ce qui a pu déclencher ça? Les même questions répétées inlassablement à chaque fois. J'essaye de me concentrer, remonter dans le temps, un, deux, trois nous irons au bois, refaire les étapes, quatre, cinq, six cueillir des cerises, en plus ça rime même pas cerise et six, concentre toi, qu'est ce que je faisais juste avant, sept huit neuf ou voler un bœuf, mon cerveau va exploser, je sens que ça monte, tu ne t’arrêteras pas, tu te faufileras dans mes veines, tu bousculera mes artères, tu t'agrippes à l'estomac, le cœur, tout ce qui est vital tu prends, sournoisement tu emprisonnes mon cerveau, tu brouilles ma vue à coup de larmes, tu coupes le son, et tu t'engages dans un combat gagné d'avance contre la raison. Tu me laisseras éreintée après une bataille de plusieurs minutes à plusieurs heures, roulée en boule, vide complètement vide, à vomir du vide, du vide qui sort par tous mes orifices, haletante. Si tu avais des pieds, je dirais que tu viens toujours à pas de loup, tout doux, tout doux, si le loup y était il nous mangerait. Promenons dans les bois, pendant que l'angoisse n'y est pas.
vendredi 20 septembre 2013
Dépression, 3 petits tours et puis s'en va
En ce moment je me pose pas mal de question. Sur mon féminisme, ma spiritualité, la manière dont je m'exprime, les gens dont j'ai envie de m'entourer, ce que j'ai envie de devenir. Je vais avoir 24 ans et j'ai mis beaucoup plus de temps que les autres à me développer sur certains points, je suis relativement mature pour mon âge, j'ai vécu des choses que d'autres vivront plus tard ou ne vivront jamais. J'essaye de construire ma vie actuelle tout en consolidant mes fondations, ce qui me demande double de travail. Je construis une maison en bois (non parce que faut pas déconner je ne suis pas encore à l'étape de savoir faire du béton) sur une base de château de carte. En gros je peux d'un moment à l'autre me casser la gueule.
Je suis ravie de voir des voix s'élever par rapport à la dépression, je suis triste de m'y retrouver mais ça banalise la chose, ça la sort de son carcan avec inscrit "tabou" dessus en lettre majuscules et grasses. Je ne vais pas vous exposer ici les maladies mentales dont je suis atteinte. J'en ai parlé un peu à droite à gauche et si ça me prend j'en parlerais de manière plus profonde. Je suis assez fière de moi de pouvoir en parler et tenter de l'expliquer aux gens sans fondre en larmes. Néanmoins la plupart des gens ne sont pas éduqués à ça. Le symptôme dépressif est particulièrement mal vu, "si tu veux t'en sortir t'as qu'a te sortir les doigt du cul" m'a-t-on gentiment affirmé plusieurs fois, sachez le cette phrase donne envie de vous dépecer vivant. Je ne souhaite à personne ce que je traverse, mais j'aimerais beaucoup vous y voir et à défaut ça me donne vraiment envie de vous retourner comme un lapin. La dépression n'est pas un manque de volonté à proprement parlé chez quiconque, oui certains n'ont pas la volonté de s'en sortir parce que tout est trop moche à leurs yeux, tu ne peux leur dire juste "vas y fais le, ai envie de t'en sortir". Mais allez y continuez de répandre cette très jolie phrase avec "quand on veut on peut", vous savez certainement mieux que les psy, et une médaille vous sera rendu pour avoir régler le problème de notre époque avec une seule phrase a laquelle personne n'avait pensé avant. Merci.
J'ai reblogué ce truc sur mon tumblr hier soir via chameleon child
Je suis ravie de voir des voix s'élever par rapport à la dépression, je suis triste de m'y retrouver mais ça banalise la chose, ça la sort de son carcan avec inscrit "tabou" dessus en lettre majuscules et grasses. Je ne vais pas vous exposer ici les maladies mentales dont je suis atteinte. J'en ai parlé un peu à droite à gauche et si ça me prend j'en parlerais de manière plus profonde. Je suis assez fière de moi de pouvoir en parler et tenter de l'expliquer aux gens sans fondre en larmes. Néanmoins la plupart des gens ne sont pas éduqués à ça. Le symptôme dépressif est particulièrement mal vu, "si tu veux t'en sortir t'as qu'a te sortir les doigt du cul" m'a-t-on gentiment affirmé plusieurs fois, sachez le cette phrase donne envie de vous dépecer vivant. Je ne souhaite à personne ce que je traverse, mais j'aimerais beaucoup vous y voir et à défaut ça me donne vraiment envie de vous retourner comme un lapin. La dépression n'est pas un manque de volonté à proprement parlé chez quiconque, oui certains n'ont pas la volonté de s'en sortir parce que tout est trop moche à leurs yeux, tu ne peux leur dire juste "vas y fais le, ai envie de t'en sortir". Mais allez y continuez de répandre cette très jolie phrase avec "quand on veut on peut", vous savez certainement mieux que les psy, et une médaille vous sera rendu pour avoir régler le problème de notre époque avec une seule phrase a laquelle personne n'avait pensé avant. Merci.
J'ai reblogué ce truc sur mon tumblr hier soir via chameleon child
Don’t make assumptions about my health
- Just because I do something one day doesn’t mean I can do it another
- In fact sometimes BECAUSE i’ve done something one day will mean I can’t do it the next
- Just because I decide to do things that might be detrimental to my health occasionally doesn’t mean it’s okay for you to pressure me into doing similar things
- Just because I say I’m feeling good doesn’t mean I’m symptom free
- You don’t know how far I can walk
- You don’t know what I can eat
- You don’t know what my boundaries are
- You don’t know what I’m feeling right now
- and you don’t know the effect something will have
- and FYI "I had a shower today" is a completely legit reason not to do anything else
Je traduis pour les non anglophones
Ne faites pas de suppositions sur ma santé
-Juste parce que je fais un truc un jour ne veut pas dire que je pourrais le refaire.
-Justement parfois c'est parce que je fais un truc tel jour que je ne pourrais le refaire le lendemain.
-Ce n'est pas parce que parfois je décide de faire des trucs au détriment de ma santé que ça veut dire que c'est okay de me pousser à faire des choses similaires.
-Ce n'est pas parce que je dis que je vais bien que je n'ai plus de symptômes
-Vous ne savez jusqu'où je peux marcher
-Vous ne savez pas ce que je peux manger
-Vous ne savez pas quelles sont mes limites
-Et vous ne savez pas les conséquences que certaines choses peuvent avoir
-Et pour votre information "J'ai pris une douche aujourd'hui" est une raison complètement légitime pour ne rien faire d'autre
Un autre super lien
Je me suis récemment brouillée avec une amie (cette anecdote va probablement m'attirer des ennuis, mais il est hors de question que je me censure ici), après que mon mec m'ai quitté, j'étais dans une phase basse, journée au lit, fixement de plafond, envie de rien faire, je ne veux voir personne. Dans ces moments là je suis encore plus socialement inapte que dans la vraie vie du coup j'ai été désagréable (sans le vouloir) dans certains de mes comportements, malgré mes explications ou mes tentatives d'explications et d'excuses, cette personne a confirmé vouloir couper les ponts. Je ne veux pas juger le degré de gravité de ma faute, si l'autre le ressent comme quelque chose d'horrible c'est que ça l'est pour elle, néanmoins je suis attristée par la non compréhension ou non tentative de compréhension du truc (ce qui avait déjà été le cas auparavant). Après avoir été réellement triste de l'annonce de couper les ponts, je me suis finalement dit que nous n'étions pas faites pour continuer à nous parler, je souhaite m'entourer de gens qui me comprennent ou du moins qui essaye. (Il n'y a aucun ton vengeur ou désagréable juste un constat et un récit qui j'espère aidera d'autres gens dans ce cas)
Tout ce blabla pour dire que si vous avez un ami, un amour ou un membre de votre famille atteint, renseignez vous au maximum, posez des questions de manière polie, évitez les grandes phrases clichées parce que non vous ne "comprenez pas totalement". Plus vous essayez de comprendre et en savez sur la maladie et sur la manière dont le vit la personne plus vous pourrez agir à votre échelle. Ne jugez pas.
dimanche 8 septembre 2013
AA
Ce texte va être compliqué à sortir, vous me pardonnerez si c'est confus, et sans poésie.
J'ai fait une crise d'angoisse y'a deux heures, une belle, une comme j'en ai pas fait depuis six mois. Celle qui te happe, qui déconnecte ton cerveau, le monde autour de toi n'existe plus, et des larmes roulent sur tes joues. Ça se joue en vingt secondes et tu n'as plus aucun contrôle, elle s'accroche dans ta poitrine, ça serre, ça fait mal putain, elle descend dans ton estomac et y met tout son poids. Tu n'arrives plus à respirer, tu cherche de l'air en vain, tu ne sais plus où donner de la tête, faut remettre tes idées en place, aider ton cerveau pour le retour à la réalité, te calmer, enlever ce poids qui se trouve un peu partout dans ton corps, arriver à respirer... Ah oui, respirer, faudrait peut-être commencer par là, j'ai pas de sac en papier pour m'aider, faut que je compte, plus rien n'existe, un, deux, un, deux, expire bien, inspire pas trop. Je serre fort la main de ma moitié, allez arrête, t'as l'air bête et ridicule, je suis sûre qu'il comprend rien, un, deux, expire fort, inspire un peu. Je m'abreuve de son odeur, de ses bras qui m'enserrent, t'es en sécurité, même avec tout ce monde autour, il est là, expire beaucoup, inspire doucement.
Il suffit d'une odeur, d'une musique pour que tout flanche, ça m'arrive de moins en moins, au bout de huit ans et avec tout ce que j'ai traversé, j'ai appris à contrôler. J'ai changé d'endroit mille fois pour ne plus affronter les souvenirs, j'ai appris à gérer.Mais là c'était trop, trop gros, trop dingue, trop réel et impossible à la fois.
Ton violeur en face de toi ou peut-être pas, juste quelqu'un qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau mais putain c'est déjà trop, et tu tombes, le sol s'échappe sous tes pieds, tu glisses déjà dans le tuyau de l'angoisse. Aperçu deux secondes et tu pleures déjà à gros sanglots, je vous jure j'ai essayé, j'ai tenu tant que j'ai pu, j'entendais plus rien, je voyais plus rien "tu veux qu'on aille par là?" "oui heu je sais pas" T'essayes de rester debout, de continuer à marcher, puis ça coule sur tes joues, faut que tu t'assois. Essaye de rationaliser, pourquoi ici, pourquoi lui, c'est pas lui, oui mais c'était quoi ce regard, t'façon c'est trop tard la machine est lancée. Tout remonte à la surface, ton sang se glace. Oui attrape moi fort, comme ça c'est ça, ramène moi à notre réalité, celle où je suis forte et déterminée. Ton violeur à deux mètres de toi et patatra.
J'ai fait une crise d'angoisse y'a deux heures, une belle, une comme j'en ai pas fait depuis six mois. Celle qui te happe, qui déconnecte ton cerveau, le monde autour de toi n'existe plus, et des larmes roulent sur tes joues. Ça se joue en vingt secondes et tu n'as plus aucun contrôle, elle s'accroche dans ta poitrine, ça serre, ça fait mal putain, elle descend dans ton estomac et y met tout son poids. Tu n'arrives plus à respirer, tu cherche de l'air en vain, tu ne sais plus où donner de la tête, faut remettre tes idées en place, aider ton cerveau pour le retour à la réalité, te calmer, enlever ce poids qui se trouve un peu partout dans ton corps, arriver à respirer... Ah oui, respirer, faudrait peut-être commencer par là, j'ai pas de sac en papier pour m'aider, faut que je compte, plus rien n'existe, un, deux, un, deux, expire bien, inspire pas trop. Je serre fort la main de ma moitié, allez arrête, t'as l'air bête et ridicule, je suis sûre qu'il comprend rien, un, deux, expire fort, inspire un peu. Je m'abreuve de son odeur, de ses bras qui m'enserrent, t'es en sécurité, même avec tout ce monde autour, il est là, expire beaucoup, inspire doucement.
Il suffit d'une odeur, d'une musique pour que tout flanche, ça m'arrive de moins en moins, au bout de huit ans et avec tout ce que j'ai traversé, j'ai appris à contrôler. J'ai changé d'endroit mille fois pour ne plus affronter les souvenirs, j'ai appris à gérer.Mais là c'était trop, trop gros, trop dingue, trop réel et impossible à la fois.
Ton violeur en face de toi ou peut-être pas, juste quelqu'un qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau mais putain c'est déjà trop, et tu tombes, le sol s'échappe sous tes pieds, tu glisses déjà dans le tuyau de l'angoisse. Aperçu deux secondes et tu pleures déjà à gros sanglots, je vous jure j'ai essayé, j'ai tenu tant que j'ai pu, j'entendais plus rien, je voyais plus rien "tu veux qu'on aille par là?" "oui heu je sais pas" T'essayes de rester debout, de continuer à marcher, puis ça coule sur tes joues, faut que tu t'assois. Essaye de rationaliser, pourquoi ici, pourquoi lui, c'est pas lui, oui mais c'était quoi ce regard, t'façon c'est trop tard la machine est lancée. Tout remonte à la surface, ton sang se glace. Oui attrape moi fort, comme ça c'est ça, ramène moi à notre réalité, celle où je suis forte et déterminée. Ton violeur à deux mètres de toi et patatra.
mardi 3 septembre 2013
Rimes en our
Parfois je suis une boule d'émotivité, j'arrive plus à me contrôler, souvent ça arrive si je suis malade soit 70% du temps vu ma santé de lapin myxomatosé. Souvent ça commence doucement, je me sens fatiguée, puis j'ai des nausées, je finis par m'allonger puis ça rentre dans ma bouche, ça descend le long de ma trachée, ça se bloque, ça m'empêche de respirer, une autre pensée se glisse le long de mon œsophage , ça s'infiltre dans mon sang, ça se faufile dans mes veines, je ne peux plus bouger. Une pensée sarcophage, un truc qui te paralyse et je finis par me mettre à pleurer. Comment tu veux expliquer ça au gens qui t'entourent? Je pleure parce que j'ai plus la force d'affronter tout ça, en deux secondes je deviens la fille la plus malheureuse du monde pour une putain de pensée, pour un putain de sentiment d'abandon, je ne me sens plus aimée, à un tel point que ça de me donne envie de gerber. Je voudrais enfoncer ces deux doigts dans ma bouche et vomir toutes ces pensées, ces idées noires, le fait que je ne serais jamais aimée, que je suis toute cassé, une tarée émotive pas bien raccommodée. Comment tu veux expliquer aux gens cette douleur qui te transperce? Cette envie de fouiller dans ton ventre pour comprendre ce qui cloche la dedans? Cette envie d'autopsier ton cœur et ton cerveau? De les découper sur la table? Pour que tu comprennes enfin ce qui va pas chez toi et que tu puisses te soigner ou au moins l'expliquer? Je suis un puits à tendresse, une sangsue d'amour, je suis un corps à caresses, un compte à rebours.
lundi 2 septembre 2013
Lettre à ma mère
Aujourd'hui, je mange avec mes mains même que des fois je me les lave pas avant de manger, je ne fond pas en larmes si il n'y a plus de savon, je vais dans des toilettes publiques, je m’assois par terre, je lave le sol de chez moi une fois par semaine voir toutes les deux semaines, je change mes draps tous les quinze jours, je ne vérifie pas la position des clés avant de me coucher, je peux partir de chez moi en ayant une fenêtre ouverte, je ne me lave qu'une fois par jour, deux si besoin, je mets mes doigts dans mon nez (sisi je te jure), je me frotte les yeux, je me masturbe et pas qu'un peu, je fais du sexe et même avec des que je connais pas depuis un an, et même avec des que ça durera pas, je mange et je mange équilibré, je prends soin de moi, je me maquille, je mets de la crème et j'ai plaisir à choisir des jolis vêtements, je fais des projets, je ne prends pas de douche après un cauchemar sauf si c'est un gros, je n'ai pas les mains pleines de crevasses en hiver, un gel hydroalcoolique n'est pas indispensable à mon bien être, je panique moins en présence de sang, je me lave les mains entre cinq et dix fois par jour, j'aime bien être à la terrasse d'un bar, j'ai moins peur des gens, je suis capable d'interagir avec l'extérieur et d'aimer ça, je peux prendre le métro, le bus, je peux vivre pour une semaine avec des gens que je ne connais pas, je peux utiliser des douches communes, je peux boire dans un verre après mon père, je n'observe pas si la personne qui prépare le repas se lave les mains. Aujourd'hui je vis.
Alors quand tu me dis que depuis trois ans la situation n'évolue pas, je ris doucement. Ce n'est pas parce que tu ne les vois pas et ne les valide pas que ça n'en est pas moins des victoires.
Alors quand tu me dis que depuis trois ans la situation n'évolue pas, je ris doucement. Ce n'est pas parce que tu ne les vois pas et ne les valide pas que ça n'en est pas moins des victoires.
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