vendredi 20 septembre 2013

Dépression, 3 petits tours et puis s'en va

En ce moment je me pose pas mal de question. Sur mon féminisme, ma spiritualité, la manière dont je m'exprime, les gens dont j'ai envie de m'entourer, ce que j'ai envie de devenir. Je vais avoir 24 ans et j'ai mis beaucoup plus de temps que les autres à me développer sur certains points, je suis relativement mature pour mon âge, j'ai vécu des choses que d'autres vivront plus tard ou ne vivront jamais. J'essaye de construire ma vie actuelle tout en consolidant mes fondations, ce qui me demande double de travail. Je construis une maison en bois (non parce que faut pas déconner je ne suis pas encore à l'étape de savoir faire du béton) sur une base de château de carte. En gros je peux d'un moment à l'autre me casser la gueule.
Je suis ravie de voir des voix s'élever par rapport à la dépression, je suis triste de m'y retrouver mais ça banalise la chose, ça la sort de son carcan avec inscrit "tabou" dessus en lettre majuscules et grasses. Je ne vais pas vous exposer ici les maladies mentales dont je suis atteinte. J'en ai parlé un peu à droite à gauche et si ça me prend j'en parlerais de manière plus profonde. Je suis assez fière de moi de pouvoir en parler et tenter de l'expliquer aux gens sans fondre en larmes. Néanmoins la plupart des gens ne sont pas éduqués à ça. Le symptôme dépressif est particulièrement mal vu, "si tu veux t'en sortir t'as qu'a te sortir les doigt du cul" m'a-t-on gentiment affirmé plusieurs fois, sachez le cette phrase donne envie de vous dépecer vivant. Je ne souhaite à personne ce que je traverse, mais j'aimerais beaucoup vous y voir et à défaut ça me donne vraiment envie de vous retourner comme un lapin. La dépression n'est pas un manque de volonté à proprement parlé chez quiconque, oui certains n'ont pas la volonté de s'en sortir parce que tout est trop moche à leurs yeux, tu ne peux leur dire juste "vas y fais le, ai envie de t'en sortir". Mais allez y continuez de répandre cette très jolie phrase avec "quand on veut on peut", vous savez certainement mieux que les psy, et une médaille vous sera rendu pour avoir régler le problème de notre époque avec une seule phrase a laquelle personne n'avait pensé avant. Merci.

J'ai reblogué ce truc sur mon tumblr hier soir via chameleon child

Don’t make assumptions about my health

  • Just because I do something one day doesn’t mean I can do it another
  • In fact sometimes BECAUSE i’ve done something one day will mean I can’t do it the next
  • Just because I decide to do things that might be detrimental to my health occasionally doesn’t mean it’s okay for you to pressure me into doing similar things 
  • Just because I say I’m feeling good doesn’t mean I’m symptom free
  • You don’t know how far I can walk
  • You don’t know what I can eat
  • You don’t know what my boundaries are
  • You don’t know what I’m feeling right now
  • and you don’t know the effect something will have
  • and FYI "I had a shower today" is a completely legit reason not to do anything else
Je traduis pour les non anglophones

Ne faites pas de suppositions sur ma santé
-Juste parce que je fais un truc un jour ne veut pas dire que je pourrais le refaire.
-Justement parfois c'est parce que je fais un truc tel jour que je ne pourrais le refaire le lendemain.
-Ce n'est pas parce que parfois je décide de faire des trucs au détriment de ma santé que ça veut dire que c'est okay de me pousser à faire des choses similaires.
-Ce n'est pas parce que je dis que je vais bien que je n'ai plus de symptômes
-Vous ne savez jusqu'où je peux marcher
-Vous ne savez pas ce que je peux manger
-Vous ne savez pas quelles sont mes limites
-Et vous ne savez pas les conséquences que certaines choses peuvent avoir
-Et pour votre information "J'ai pris une douche aujourd'hui" est une raison complètement légitime pour ne rien faire d'autre

Un autre super lien


Je me suis récemment brouillée avec une amie (cette anecdote va probablement m'attirer des ennuis, mais il est hors de question que je me censure ici), après que mon mec m'ai quitté, j'étais dans une phase basse, journée au lit, fixement de plafond, envie de rien faire, je ne veux voir personne. Dans ces moments là je suis encore plus socialement inapte que dans la vraie vie du coup j'ai été désagréable (sans le vouloir) dans certains de mes comportements, malgré mes explications ou mes tentatives d'explications et d'excuses, cette personne a confirmé vouloir couper les ponts. Je ne veux pas juger le degré de gravité de ma faute, si l'autre le ressent comme quelque chose d'horrible c'est que ça l'est pour elle, néanmoins je suis attristée par la non compréhension ou non tentative de compréhension du truc (ce qui avait déjà été le cas auparavant). Après avoir été réellement triste de l'annonce de couper les ponts, je me suis finalement dit que nous n'étions pas faites pour continuer à nous parler, je souhaite m'entourer de gens qui me comprennent ou du moins qui essaye. (Il n'y a aucun ton vengeur ou désagréable juste un constat et un récit qui j'espère aidera d'autres gens dans ce cas)

Tout ce blabla pour dire que si vous avez un ami, un amour ou un membre de votre famille atteint, renseignez vous au maximum, posez des questions de manière polie, évitez les grandes phrases clichées parce que non vous ne "comprenez pas totalement". Plus vous essayez de comprendre et en savez sur la maladie et sur la manière dont le vit la personne plus vous pourrez agir à votre échelle. Ne jugez pas.

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