Aujourd'hui, je mange avec mes mains même que des fois je me les lave pas avant de manger, je ne fond pas en larmes si il n'y a plus de savon, je vais dans des toilettes publiques, je m’assois par terre, je lave le sol de chez moi une fois par semaine voir toutes les deux semaines, je change mes draps tous les quinze jours, je ne vérifie pas la position des clés avant de me coucher, je peux partir de chez moi en ayant une fenêtre ouverte, je ne me lave qu'une fois par jour, deux si besoin, je mets mes doigts dans mon nez (sisi je te jure), je me frotte les yeux, je me masturbe et pas qu'un peu, je fais du sexe et même avec des que je connais pas depuis un an, et même avec des que ça durera pas, je mange et je mange équilibré, je prends soin de moi, je me maquille, je mets de la crème et j'ai plaisir à choisir des jolis vêtements, je fais des projets, je ne prends pas de douche après un cauchemar sauf si c'est un gros, je n'ai pas les mains pleines de crevasses en hiver, un gel hydroalcoolique n'est pas indispensable à mon bien être, je panique moins en présence de sang, je me lave les mains entre cinq et dix fois par jour, j'aime bien être à la terrasse d'un bar, j'ai moins peur des gens, je suis capable d'interagir avec l'extérieur et d'aimer ça, je peux prendre le métro, le bus, je peux vivre pour une semaine avec des gens que je ne connais pas, je peux utiliser des douches communes, je peux boire dans un verre après mon père, je n'observe pas si la personne qui prépare le repas se lave les mains. Aujourd'hui je vis.
Alors quand tu me dis que depuis trois ans la situation n'évolue pas, je ris doucement. Ce n'est pas parce que tu ne les vois pas et ne les valide pas que ça n'en est pas moins des victoires.
lundi 2 septembre 2013
mercredi 21 août 2013
Deuil à la con
Tu te rappelles de ce texte où je te parlais de petits ruisseaux dans mon oreiller, que j'avais plein de gens autour de moi et à quel point c'était joli?
La vérité c'est que c'est un peu plus moche, à un moment tu finis par ne plus correspondre à ce que les gens attendent de toi, et ils s'en vont. Parce que tout ça c'est éphémère. Tu pensais que t'en avais conscience, les relations on the web c'est quand même un peu bancal, mais tu t'es laissé prendre au jeu puis au final c'est pas si dangereux, on peut s'appeler un peu, tu peux être là quand ça va pas, je peux être là quand t'es triste,soul et las. Et toi avec ta naïveté habituelle, ton merveilleux monde des bisounours, tu penses que t'as construit un truc, une sorte de lien éternel (non peut-être pas c'était pour la rime), un truc qui va au delà du simple plan charnel. Bam crochet du droit, uppercut, tombé du toit.
Alors voilà avec Basil c'est fini (ce jeux de mot n'est compréhensible que par moi même), j'ai cru que j'avais réussi à y mettre une dynamique différente avec celui-là, et puis tu tombes de haut. Et même si aujourd'hui t'as ce que tu veux dans ta vie, c'est toujours dur de laisser partir autrui. Surtout quand cet abruti a été là pour toi dans certains pires moments de ta vie, quand il t'a entendu en pleurs au téléphone, que tu lui as confié certains détails intimes de ta vie. Et aujourd'hui tu te retrouves à abandonner tout ça.
Deuil de relation à la con.
Pour être honnête, t'étais aussi mon filet de sécurité, celui qui me rappelait que ouais putain j'ai morflé, que je méritais plus que ce qu'on m'avait donné, t'étais mon lien avec avant, le passé que t'as tendance a oublié parce que oui aujourd'hui c'est tout beau et tout rose oui mais demain? Comment je ferais demain?
La vérité c'est que c'est un peu plus moche, à un moment tu finis par ne plus correspondre à ce que les gens attendent de toi, et ils s'en vont. Parce que tout ça c'est éphémère. Tu pensais que t'en avais conscience, les relations on the web c'est quand même un peu bancal, mais tu t'es laissé prendre au jeu puis au final c'est pas si dangereux, on peut s'appeler un peu, tu peux être là quand ça va pas, je peux être là quand t'es triste,soul et las. Et toi avec ta naïveté habituelle, ton merveilleux monde des bisounours, tu penses que t'as construit un truc, une sorte de lien éternel (non peut-être pas c'était pour la rime), un truc qui va au delà du simple plan charnel. Bam crochet du droit, uppercut, tombé du toit.
Alors voilà avec Basil c'est fini (ce jeux de mot n'est compréhensible que par moi même), j'ai cru que j'avais réussi à y mettre une dynamique différente avec celui-là, et puis tu tombes de haut. Et même si aujourd'hui t'as ce que tu veux dans ta vie, c'est toujours dur de laisser partir autrui. Surtout quand cet abruti a été là pour toi dans certains pires moments de ta vie, quand il t'a entendu en pleurs au téléphone, que tu lui as confié certains détails intimes de ta vie. Et aujourd'hui tu te retrouves à abandonner tout ça.
Deuil de relation à la con.
Pour être honnête, t'étais aussi mon filet de sécurité, celui qui me rappelait que ouais putain j'ai morflé, que je méritais plus que ce qu'on m'avait donné, t'étais mon lien avec avant, le passé que t'as tendance a oublié parce que oui aujourd'hui c'est tout beau et tout rose oui mais demain? Comment je ferais demain?
dimanche 11 août 2013
Bilan à froid
J'ai passé un mois génial, j'étais moi, la vivante, la bout en train, la drôle, celle qui prend des initiatives et qui excelle dans son job. Y'a eu des moments moins drôles, où t'as l'impression qu'on te demande de t'asseoir sur tes valeurs, où ton esprit n'est tellement pas d'accord que ton corps te fait mal mais c'était deux jours sur un mois. Et puis y'a eu tout le reste, les phrases de gamins, les citations philosophiques d'animateurs et d'animatrices, les sourires, les yeux émerveillés, les paysages incroyables, des nouvelles amitiés, je suis retombé un peu amoureuse aussi, j'ai été conforté dans ma voie professionnelle. Mes nuits ont été plus belles une fois accompagnée, mes jours ont été remplis de rire et de choses à gérer. Je me suis senti complète et c'était plutôt chouette
mercredi 3 juillet 2013
Toi et moi et les gorges de Pennafort
Pendant un temps je disais que sortir avec son ex c'était comme ravaler son vomi. Aujourd'hui je dois avouer que c'est comme ravaler un sacré bon vomi alors. Oui je sais je suis crade. Je sais que c'est pas bon pour moi, mais j'aime bien quand ma vie est dans un espèce de chaos, tourbillon de sentiments. J'ai besoin de ça, j'ai besoin de me sentir vivante, j'ai besoin que ça palpite, que ça fouette dans mes veines, j'ai besoin de ne plus réfléchir. Il est probable que je le regrette à la fin, mais en attendant je vis. J'ai arrêté de regarder le plafond pendant des heures, et d'être paralysée. Ces deux mois vont sûrement être les plus importants de ma vie, les plus déterminant, si tu m'aimes dis le moi, je vais en avoir besoin. En attendant, je me baigne toute nue dans les rivières, j'embrume mon cerveau à coup d'alcool, ce bâtard ne veut pas me laisser tranquille. Je ressens tout et rien à la fois, oui c'est assez contradictoire, je suis dedans et en même temps j'essaye de me détacher, j'en aime un et en même temps je les aime tous, je suis un et plusieurs à la fois. S'il te plaît ne t'en va pas, pas encore une fois.
mardi 25 juin 2013
On fait le bilan calmement
Je n'arrive pas à trouver de bon moment pour écrire ce texte, et je crois que c'est parce qu'il n'y aura jamais de bon moment. C'est important que je le fasse, pour plus tard, pour me souvenir.
Je suis arrivé à Independanceville il y a trois ans et demi, avec un sac à dos et mon dossier pour m'inscrire à la fac. J'étais partis de chez ma grand-mère (loin) et je faisais l'aller retour dans la journée.
J'y suis retourné une semaine plus tard avec mon même sac à dos, pour commencer les cours et je dormais chez ma meilleure amie. Quand je me remémore ces souvenirs, j'ai comme un goût dans la bouche, de bonbons, de subway végétariens (mes premiers) et de larmes salées, c'est le goût de l'indépendance et de la liberté. Je m'étais sauvée enfin, j'avais fui et je prenais mon destin en main, il s'avère que ça a été plus compliqué que sur le papier, mais je me souviendrais toujours de cette sensation au creux de mon ventre, de cette ville qui fourmillait de promesses, d'avenir, de perspectives et d'envie de vivre. Si je fais le bilan, j'y ai vécu trois ans et demi, j'ai eu deux appartements, trois restaurants préférés, bu au moins 50 bouteilles de champagne, eu deux dépressions, découvert une vocation, eu quatre boulots, appris quatre langues,acquit trente appareils photo, je me suis engueulé trois cents fois avec mes parents, été six fois à l'hôpital, eu un rat et deux chats, eu les cheveux bleus trois fois, j'ai perdu six boules de pierçing, j'y ai fait deux tatouages, je m'y suis fait deux vraies amies et un meilleur ami pour la vie et j'y ai vécu trois histoires d'amour et je suis tombé amoureuse une fois. Je ne peux dire combien de litre de liquide salé ont débordé de mes yeux, ni combien de sourire se sont dessinés sur mes lèvres, j'ai des regrets, des trucs que je n'ai pas eu le temps de faire, c'est pas dramatique, ça me donne juste envie de vivre de manière plus intense la prochaine fois. Je sais que je ne pouvais pas rester plus, je suis parti un peu sur un coup de tête mais c'était le mieux à faire,j'étais arrivée au bout de mon amour pour Independanceville. Je l'ai épuisée jusqu'à la moelle, j'ai pris tout ce que je pouvais, j'ai enregistré dans ma tête toutes ces images les tristes et les jolies : le ciel violet du balcon, les éclairs les soirs de forte chaleur,la cathédrale illuminée,le marché de Noël, la gare,le soleil les fins de dimanche sur les brocantes,son regard au Fort, les yeux rieurs d'Elsa, le jour qui se lève sur le parc du centre, toutes ces odeurs : l'odeur de vacances dans le couloirs, l'odeur de la 2cv, celle de l'herbe mix goudron chaud après la pluie, celle de la crème solaire et de la peinture, des cigarettes menthol ...
C'est la fin d'une époque, de certaines envies, je ne sais pas où je vais mais je sais que j'ai fait pour le mieux.
Je suis arrivé à Independanceville il y a trois ans et demi, avec un sac à dos et mon dossier pour m'inscrire à la fac. J'étais partis de chez ma grand-mère (loin) et je faisais l'aller retour dans la journée.
J'y suis retourné une semaine plus tard avec mon même sac à dos, pour commencer les cours et je dormais chez ma meilleure amie. Quand je me remémore ces souvenirs, j'ai comme un goût dans la bouche, de bonbons, de subway végétariens (mes premiers) et de larmes salées, c'est le goût de l'indépendance et de la liberté. Je m'étais sauvée enfin, j'avais fui et je prenais mon destin en main, il s'avère que ça a été plus compliqué que sur le papier, mais je me souviendrais toujours de cette sensation au creux de mon ventre, de cette ville qui fourmillait de promesses, d'avenir, de perspectives et d'envie de vivre. Si je fais le bilan, j'y ai vécu trois ans et demi, j'ai eu deux appartements, trois restaurants préférés, bu au moins 50 bouteilles de champagne, eu deux dépressions, découvert une vocation, eu quatre boulots, appris quatre langues,acquit trente appareils photo, je me suis engueulé trois cents fois avec mes parents, été six fois à l'hôpital, eu un rat et deux chats, eu les cheveux bleus trois fois, j'ai perdu six boules de pierçing, j'y ai fait deux tatouages, je m'y suis fait deux vraies amies et un meilleur ami pour la vie et j'y ai vécu trois histoires d'amour et je suis tombé amoureuse une fois. Je ne peux dire combien de litre de liquide salé ont débordé de mes yeux, ni combien de sourire se sont dessinés sur mes lèvres, j'ai des regrets, des trucs que je n'ai pas eu le temps de faire, c'est pas dramatique, ça me donne juste envie de vivre de manière plus intense la prochaine fois. Je sais que je ne pouvais pas rester plus, je suis parti un peu sur un coup de tête mais c'était le mieux à faire,j'étais arrivée au bout de mon amour pour Independanceville. Je l'ai épuisée jusqu'à la moelle, j'ai pris tout ce que je pouvais, j'ai enregistré dans ma tête toutes ces images les tristes et les jolies : le ciel violet du balcon, les éclairs les soirs de forte chaleur,la cathédrale illuminée,le marché de Noël, la gare,le soleil les fins de dimanche sur les brocantes,son regard au Fort, les yeux rieurs d'Elsa, le jour qui se lève sur le parc du centre, toutes ces odeurs : l'odeur de vacances dans le couloirs, l'odeur de la 2cv, celle de l'herbe mix goudron chaud après la pluie, celle de la crème solaire et de la peinture, des cigarettes menthol ...
C'est la fin d'une époque, de certaines envies, je ne sais pas où je vais mais je sais que j'ai fait pour le mieux.
mardi 11 juin 2013
Je vous préviens, je ne sais pas ce que va donner cet article.
On pourrait croire au vu de ce que j'ai vécu comme expérience dans ma vie, que je serais devenue quelqu'un de méfiant, qui s'attache peu. Eh bien non, je suis la conne qui n'a pas retenu la leçon.
Je fais confiance en gens, je continue d'espérer que l'être humain ne soit pas si crade et si dérangé qu'on veut bien me le faire croire. Alors je suis là avec ma naïveté dans une main et mon espoir dans l'autre, j'ai plein de bonbons au goût candide qui déborde de mes poches, et je regarde les gens avec mes grand yeux noirs, prête à croire à la moindre étincelle dans ces corps cassés.
Dès fois je souffle discrètement, pas trop fort, juste un peu voir si ça se rallume, voir si mes yeux vont briller à la lumière de ce truc minuscule.
Ce texte n'a ni queue ni tête j'avais prévenu.
J'ai pas mal de gens dans ma vie (pour quelqu'un qui a été habitué à compter les gens sur trois doigts, c'est beaucoup), pas des que je peux toucher pour certains mais ils sont là, ils font partie de mon quotidien, des fois beaucoup, dès fois pendant des périodes plus ou moins longues ils s'absentent un peu. Je suis du genre fusionnelle alors dans les périodes fastes ça peut être beaucoup beaucoup. Chaque relation est unique, y'en a je les aime de loin mais on sait qu'on peut compter les uns sur les autres, y'en a qui sont loin géographiquement mais tout près dans ma vie, y'a les drôles, les sérieux, les bonnes oreilles, les parleurs, les rebelles, les détruits. Parfois c'est le bordel pour s'y retrouver, à qui on a dis quoi, qui est où, le nom du partenaire de vie du moment... Mais j'aime bien, dans un sens je suis devenue une sangsue à tendresse, et un puits d'amour. Je reçois et je donne, je donne et je reçois. C'est joli, ça ferait des petits ruisseaux dans mon oreiller tellement c'est beau. Je sais pas combien de temps ça va durer et j'ai pas envie de savoir, pour l'instant c'est bien, c'est ce qu'il me faut.
Je vous avais prévenu.
lundi 3 juin 2013
Le truc
Le truc quand on a passé presque toute sa vie entouré d'alcooliques c'est qu'on les repère très facilement. Pas à leur nez, ni à leur visage, je n'ai pas besoin de les voir, juste à leur odeur, et je pousse le vice jusqu'à savoir l'alcool qu'ils préfèrent pour se mettre la tête à l'envers.
Leader Price, Reims, 16h30, aujourd'hui
Je passe à la caisse, la caissière, je l'aime bien enfin non, en fait j'ai une sorte d'affection pour elle. Elle est arrivée il y a un an souriante, les yeux pétillants et aujourd'hui elle n'est plus que l'ombre d'elle même, aigrie et fatiguée. Le géant du bas prix la tue à petit feu. Il y a un couple derrière moi, d'habitude je regarde toujours les achats des gens, mais là je suis concentrée sur la femme qui rit et appelle son mari "mon cœur". Je me dis que ce doit être un couple recomposé, l'homme est derrière moi et son odeur m'arrive au nez : un mélange d'eau de Cologne bon marché, de tabac et de whisky.
Lorsque tu bois tout les jours, même pas forcément jusqu’à t'en faire gerber, ta peau change d'odeur, le tabac amplifie ce phénomène. Chaque alcool laisse une odeur différente sur la peau des gens, y'a que la vodka que j'ai un peu de mal à identifier.
Je ne sais pas si je dois trouver ce don absolument exceptionnel ou triste à pleurer, je suppose qu'il en dit long sur mes connaissances et mes choix de vie. Le plus triste surement est que je trouve ce mélange alcool + tabac + parfum cheap relativement rassurant, une sorte de baba au rhum de Proust, un truc dans lequel j'ai, pendant l'espace d'une seconde, envie de me rouler en boule dedans.
Leader Price, Reims, 16h30, aujourd'hui
Je passe à la caisse, la caissière, je l'aime bien enfin non, en fait j'ai une sorte d'affection pour elle. Elle est arrivée il y a un an souriante, les yeux pétillants et aujourd'hui elle n'est plus que l'ombre d'elle même, aigrie et fatiguée. Le géant du bas prix la tue à petit feu. Il y a un couple derrière moi, d'habitude je regarde toujours les achats des gens, mais là je suis concentrée sur la femme qui rit et appelle son mari "mon cœur". Je me dis que ce doit être un couple recomposé, l'homme est derrière moi et son odeur m'arrive au nez : un mélange d'eau de Cologne bon marché, de tabac et de whisky.
Lorsque tu bois tout les jours, même pas forcément jusqu’à t'en faire gerber, ta peau change d'odeur, le tabac amplifie ce phénomène. Chaque alcool laisse une odeur différente sur la peau des gens, y'a que la vodka que j'ai un peu de mal à identifier.
Je ne sais pas si je dois trouver ce don absolument exceptionnel ou triste à pleurer, je suppose qu'il en dit long sur mes connaissances et mes choix de vie. Le plus triste surement est que je trouve ce mélange alcool + tabac + parfum cheap relativement rassurant, une sorte de baba au rhum de Proust, un truc dans lequel j'ai, pendant l'espace d'une seconde, envie de me rouler en boule dedans.
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