samedi 1 septembre 2018

C'est toujours après le cri de la mort qui m'ouvre en deux et me laisse les tripes à l'air que j'ai le plus faim.
J'ai faim de toi, d'aventures, de moments heureux, d'espaces et de ciel bleu.
Je suis prise de fringales frénétiques.
Déguster les nuages, avaler les orages, laper les océans. Toujours plus fort, toujours plus grand.
Je veux manger tout ce qui passe, remplir mes espaces.
Boulimie vitale.

jeudi 30 août 2018

Poèmes

***Ovaires transpercés 
Chair brûlée 
Je sens mon cerveau s'évader 
Les bleus glissent sur ma peau
Endomètre en trop
Ovuler, ce fardeau 
Mélopée de soie
Cache joie
Rouge soi***

***Mes doigts glissent, sifflent
Contre ta peau glacée
Je te lisse, hisse
Contre ma peau tachetée
Je t'arrache
Je te déracine
À cette souche, d'arbre
Noire Glycine, nocturne 
Etendue de mon amour 
Noeuds entremêlés et alentours***

***La tristesse inonde mes veines
Autant que l'alcool inonde les tiennes
Ta bouche molle, des mots, égraine
Voix pâteuse, danse sulfureuse 
Tes pensées s'enchaînent, vaseuses
Tu perds le fil, mince, fragile
Au bout, je me disloque
Je me désarticule
Stoppons cette mascarade ridicule***

dimanche 3 août 2014

Semaine de merde

Ça fait une semaine que j'ai envie de vomir, envie de vomir de colère, de tristesse, d'excitation. J'en peux plus, ça va pas, c'est pas bon, y'a plus de liesse, de joie juste des galères, des pleurs et ces foutus cachetons. Je me sens seule, je dérive au large, plus ça va plus je m'éloigne et toi tu ne te rend pas compte, tu continues dans ton chemin pendant que moi je suis déjà barré au loin. Tu me suis pas, tu m'a quitté des yeux juste un instant pour refaire tes lacets, pour un truc important ou un appel urgent, c'était déjà trop tard. Je me sens vide, c'est un cauchemar, trop fatiguée pour dormir la nuit, trop fatiguée pour tenir la journée. Je vois pas le bout, je vois même plus tes bras pourtant ils étaient toujours là... Je veux juste m'enfouir, m'enfouir dans toi enfin je crois, je suis plus sûre de rien.

dimanche 6 avril 2014

La colère

On se retrouve toujours ici pour les pires moments, les pires sentiments : jalousie, colère, tristesse.
Une fois n'est pas coutume.
Je ne sais plus me contrôler, j'avais réussi à devenir cette fille douce, qui ne s'énerve pas, que tes paroles et attitudes blessent moins, seulement après des mois de douceur, la fille sympa en a ras le bol, y'a la violente qui tape de toutes ses forces pour sortir de cette trop petite cage thoracique. Elle veut des verres qui éclatent, des gros mots envoyés dans ta sale tronche de petit abruti (la gentille fille est choquée), elle veut des coups de pieds dans les meubles, des coups de poings dans les murs, elle veut des lames de rasoirs sur ses bras et du sexe de réconciliation aussi violent. Mais que je sois la gentille fille, ou la méchante y'a jamais rien qui s'arrange, le sexe je m’assois dessus (et pas comme j'aimerais), ton attitude ne change pas. Bientôt je serais juste la fille qui a laissé tomber, parce que les vieux singes ils font toujours les mêmes grimaces et ils sont toujours aussi cons.

mercredi 29 janvier 2014

Une dernière fois

Elle était là, avec sa robe jaune et son nœud vert dans les cheveux. Alice, si jolie, si douce, une meringue si croquante et fondante. Alice était un plaisir, une bouffée d’oxygène, une dose de joie, un soupçon de bulles pétillantes. Anna la regardait, la scrutait. Elle était son Alice.

Elles étaient arrivées un peu plus tôt dans cette maison, la maison où tout avait commencé un soir de mai. C’était une vieille bâtisse, avec les poutres apparentes et de jolis volets verts d’eau, il y’avait un canapé et des fauteuils moelleux près de la cheminée, un cellier pour enfermer les sorcières et des escaliers qu’Anna avait tant de fois dévalés sur les fesses quand elle était enfant.  Le grenier regorgeait de trésors et toutes les histoires qu’Anna et ses cousins s’étaient inventés étaient rangées dans un coin, attendant patiemment que d’autres enfants un peu moins grands viennent les faire revivre. Il y avait cette odeur si particulière, de celles qui vous rassurent et vous câlinent, celles qui vous enserrent et forment un cocon autour de vous. Une odeur de feu de bois, de grand-mère et de soupe aux carottes. Dans la chambre rose tout là-haut, il y avait cette odeur de bougie au Santal, celle que Anna et Alice utilisait pour cacher l’odeur des cigarettes, fumées au coin de la fenêtre tard le soir, quand elle regardait la rue vide, humide et sans vie. Il y avait aussi cette fragrance d’amour enfouie au fond des draps, à peine perceptible, juste par celles qui le vivait, le doux parfum du mélange des corps silencieux dans la nuit.

Anna laissa échapper une larme au souvenir de toutes ces nuits, ces nuits de caresses et d’Indochine, tout ça n’existerait bientôt plus. La grand-mère était morte, emportée par cette putain de maladie, la maison allait être vendue. La chambre rose allait se vider de ses meubles, « Tes yeux noirs » d’Indochine ne résonnerait plus dans la moiteur des longues soirées d’hiver, on jetterait les bougies au santal, il n’y aurait plus de soupe, tout ça ne serait plus qu’un lointain souvenir.
Les deux filles avaient décidés de se retrouver une dernière fois, pour un dernier voyage, elles avaient pique-niqué dans le jardin ou la jungle comme Anna l’aimait l’appeler, observant la Seine calme avant les prochaines crues. Anna essayait de photographier chaque détails, d’enregistrer chaque souvenirs, elle les étiquetait et les rangeait dans les petits tiroirs de son cerveau. Puis elles avaient mangé le soir sur la petite table de la cuisine, celle dont on rabat une partie pour la mettre contre le mur, elles avaient joué au Triomino en écoutant Kasabian comme à leur habitude.
    « I'm on it, get on it
The troops are on fire!
You know I need it, much closer
     I'm treading just a little more”
Puis elles étaient montées dans la petite chambre rose, leurs corps s’étaient reconnus, leurs souffles s’étaient entremêlés en même temps que leurs jambes.
Alice s’était levée pour allumer le petit poste
   « Mais qu'est-ce qui brille sur nos regards
Ce sont tes yeux noirs
Un corps musclé des cheveux courts
Tu ressembles à un garçon
Et je sens ta peau même sans lumière
   Les serpents sont légendaires »

Toutes deux s’étaient dirigées vers la fenêtre, il faisait nuit mais elles avaient ouvert le volet, elles savaient toutes deux qu’à partir d’aujourd’hui plus rien ne serait comme avant.


« Ces arabesques sur ta peau sont-ce des promesses ou bien des maux ? »

J’ai besoin de toi, là, maintenant, tout de suite. Même si c’est toi qui me fait pleurer, même si c’est toi qui me fais hurler. Je veux te dévorer, humer ton cou, avaler tes bisous. Je veux que ça me soulève, tu sais, à l’intérieur, tout enfouit dans mes entrailles, faut que ça me tiraille, là juste dans mon intestin et un peu au creux de mes reins. Je veux que tu m’attrapes par les hanches, hop mon monde flanche. J’ai besoin de toi mais  je refuse de perdre la bataille. Je veux te griffer, t’avaler, te monter, te coller, t’embrasser. Ton odeur m’enivre, je souhaiterais qu’elle reste coller à ma peau, qu’elle s’infiltre entre mes os. J’imagine mes cuisses autour de taille, nos peaux qui glissent, mes seins contre torse. Tu me fais du mal, tout ça n’est qu’un combat. Craquera, craquera pas ? Je veux que tu me supplies, ta bouche qui se tord d’envie. Je veux que tu me rassures, que tout ça n’est qu’un coup dur, une maladresse pure ! J’ai besoin de toi, tu me fais mal, là juste dans mon cœur, ça me fait peur. Je me demande tout haut « Ces arabesques sur ta peau sont-ce des promesses ou bien des maux ? »

dimanche 19 janvier 2014

Solution

Les vieux démons resurgissent, ils te prennent à la gorge et te font suffoquer un peu plus à chaque fois. C'est des malins, des sournois, ton cerveau n'est plus assez oxygéné et ils s'y faufilent comme des anguilles, ils font danser ton encéphale, avec des jolis fils comme un soir de grand bal. Ce soir j'ai pris une énième grosse claque dans la gueule, non parce que je suis un peu conne moi, j'oublie. Je crois que c'est fini, que j'ai dépassé tout ça, et puis BAM je suis ébahie. Sur le cul je te dis, par terre, KO. Je ne fais confiance à personne. Voilà c'est dit. Même pas au mec qui partage ma vie. Alors oui j'ai des circonstances atténuantes Monsieur le juge! Un viol, des adultes qui abusent de toi alors que tu n'es qu'une enfant, des mauvais choix de compagnons, des menteurs, des voleurs de coeur, des mauvais choix d'amants, des trucs blessants que m'a apporté le vent. Mais oui mais Mademoiselle? N'en n'avez vous pas marre d'être un pauvre petit gazelle? Il est temps de grandir et de s'endurcir! Moi je veux juste un mode d'emploi, j'ai cherché sur tout l'internet, j'ai creusé tout bien le fond de ma tête. Je ne sais pas comment on fait, comment on fait quand on a plus confiance en l'humain? Quand on pense que ça ne vaut plus rien? Moi je vous le jure, je veux apprendre mais personne ne veut m'expliquer, personne ne m'aide à chercher. Si vous n'avez pas de solution, ça fera trois ans de prison avec les démons.

vendredi 17 janvier 2014

La mer et le pardon

Je suis en colère 90% de mon temps. Je suis rancunière, je ne sais pas pardonner. C'est comme si j'avais accumulé trop de colère pendant des années et que maintenant je suis incapable de la garder pour moi, je la transpire par tous les pores, je la vomis dès que j'ouvre la bouche. J'en ai ras le bol qu'on me demande de me taire, d'être gentille, de ne pas faire de vague,j'en ai marre qu'on me dise comment je dois me comporter, ce qui semble être le mieux pour moi, je n'en peux plus de me faire marcher dessus parce que je ne veux pas blesser, gêner. Je veux qu'on reconnaisse le mal que l'on m'a fait, je veux des excuses. A force je vous mets tous dans le même panier, parce que vous leur parler, parce que vous sympathisez avec, parce que ce sont vos amiEs, connaissances, famille ou que sais-je. Et moi je me tais parce que je sais que vous ne me choisirez pas, je sais que je ne vaux pas assez, je sais qu'on ne me croira pas. Ma vie entière je me suis tût parce que je savais qu'on ne me soutiendrais pas : des chamailleries de gamine, aux disputes de couples en passant par le viol et l'inceste. Celle envers qui je suis le plus en colère c'est moi, de ne pas être assez forte pour me faire confiance, pour vous envoyez tous chier parce que vous ne me choisissez pas, de trouver ça normal, de vous trouvez des excuses et puis surtout de ne pas réussir à choisir entre la vengeance, le je m'en foutisme ou le pardon. J'aimerais vraiment laisser tout ça derrière moi, mais je crois qu'avant tout j'ai besoin de reconnaissance, pour le mal que vous m'avez fait, les bourreaux, comme les complices silencieux. J'ai besoin d'évacuer tout ça, alors je hurle, je crie, je me débats, sur des trucs qui n'ont rien avoir où peut-être un peu, je lance des bouteilles à la mer en mode passive agressive, et je me fatigue, je me fatigue beaucoup, de devenir quelqu'un que je n'aime pas. Crier au loup une fois qu'il est passé et qu'il t'a dévoré, à quoi bon? Malheureusement je n'ai aucune idée de comment faire, comment ne pas me laisser marcher dessus sur l'instant et comment jeter à la mer ces blessures du passé.

mardi 31 décembre 2013

Le Bilan 2


C'est l'heure du bilan, une année de passée, du temps écoulé, des mots emmêlés. Tout le monde y va de sa petite phrase, de ses remerciements, de "c'était la meilleure année de ma vie", plein de positivisme à vous en sortir par les trous de nez, bref vous l'aurez compris ça me donne envie de gerber. 2013 année de la baise? 2013 année de la merde.
2013 a soufflé le chaud et le froid, boulot, amour tout a foutu le camp, pendant que j'explosais niveau écriture, pendant que je vomissais tellement de mots sur mon clavier, qu'en photo je transpirais l'émotion et l'insolence, la jeunesse et la décadence. Plus l'amour se dissolvait sous mes doigts, plus je me noyais tout là-bas, j'ai bu à n'en plus pouvoir, j'ai exploré ma sensualité, j'ai pleuré à n'en plus savoir, l'amour m'a laissé tomber et je l'ai envoyer chier et à la fin ce bâtard m'a rattrapé. Les six premiers mois de 2013 ont ressemblé à un tourbillon de violence, de claques dans la gueule suivies de courtes caresses,puis de la chance, les six derniers ont été doux, humides, chauds avec quelques lames de couteaux. Un rappel incessant, profite petite, profite.
J'ai quitté mon cocon en même temps que j'ai quitté les tréfonds, j'ai pas voulu recommencer à zéro, j'ai juste voulu avancer hors de l'eau. Je reste dubitative, je déteste cette année autant que je l'aime de toute mes forces.
2014, je suis prête, balance.

vendredi 4 octobre 2013

Grey skies - Turquoise Days

Je continuerais de ressentir trop, d'avoir besoin de vomir mes émotions. Je suis malade, je n'ai pas encore deviné quel mal me ronge, fatigue permanente, hématomes spontanés, douleur constante dos, reins, genoux puis y'a la tête, j'essaye de découvrir un peu plus chaque jour ce qui se passe là dedans. Je me fouille de l'intérieur, j'arrache mes organes un par un, je plonge la main dans mes tripes, tu viens dîner?
Je serais toujours celle qui s'emporte parce que le monde n'est pas juste, je serais toujours inadaptée dans mes relations, je vais continuer à merder parfois, je vais continuer à pleurer de temps en temps, je vais continuer à être moi et à être animée. Je veux pas m'éteindre, comme tous ces gens, tous ceux qui abandonnent et se foutent de tout. Je crois qu'au fond j'ai un profond dégoût pour vous ainsi qu'une infinie tristesse. Un jour y'avait ce garçon, il était chouette mais y'avait rien qui rythmait sa vie, y'avait rien qui le mettait en colère, qui le révoltait, rien à quoi s'accrocher à part sa petite personne, pourquoi je m’intéresserais à autre chose alors que je suis dans un confort absolu. Sa vie était facile, j'ai cru que je pourrais m'y faire, ça m'a reposé pendant un temps puis un jour je me suis réveillée et c'était fini, j'avais besoin que ça me secoue alors que lui était tout mou. Je veux pas m'éteindre, je veux que continue de souffler sur moi toutes les choses qui me font vivre. Mon monde craint et je continuerais à essayer de le changer, même si je dois finir éreintée, même si j'ai plus de voix à la fin, même si ça fait mal, même si ça me transperce. Parce que y'a tous les autres moments, ceux avec la lumière rosée, les mains dans l'herbe grasse et son sourire.

jeudi 3 octobre 2013

Plutôt vachement

Là où j'écris le plus c'est dans ma tête, surtout le soir quand je devrais dormir parce que j'en suis à ma cinquième nuit d'insomnie. J'écris plein de trucs, des articles que je devrais écrire pour le Tag Parfait avec mes fantasmes dérangés, aux débuts de roman qui ne verront jamais le jour, en passant par les articles que je voudrais écrire ici. J'ai traversé une crise existentielle de l'écriture, c'est assez naze de ne pas avoir de retour sur ce qu'on écrit, je vais pas vous dire "lâche tes comz wesh" comme si on était sur skyblog en 2004, mais si t'as envie de m'écrire un mail c'est cool (je vais mettre un formulaire de contact).Cette crise existentielle elle m'a pas mal bloquée, j'adore écrire dans plein de style différents sur plein de choses différentes mais parfois je me fous la pression en pensant à ce que vous allez penser de ce texte, alors que le concept du blog c'est vraiment d'écrire pour moi sur tout. Souvent c'est assez embêtant d'avoir toutes ces idées le soir, parce que souvent le matin je ne me rappelle plus comment j'avais tourné ça et du coup ça fait une pile d'idée qui s'entasse et je ne sais même pas par où commencer.

En attendant que tout ça se débloque, ma moitié dort à l'étage, Boris est en boule sur une chaise, tout est calme et gris et je dois dire que là toute de suite je suis plutôt vachement heureuse.

dimanche 22 septembre 2013

Comptine

J'ai chaud, j'ai vraiment chaud, et pourtant je tremble et des frissons se dessinent sur ma peau. J'ai froid mais l'intérieur est en feu. Pourquoi tu me fais toujours cet effet là? Je n'arrive plus à me concentrer, ma tête tourne à moins que ce soit le monde qui tourne, je flanche dangereusement. Stop, calme toi, je mets ma tête dans les mains. Respire.Qu'est ce qui c'est passé? Qu'est ce qui a pu déclencher ça? Les même questions répétées inlassablement à chaque fois. J'essaye de me concentrer, remonter dans le temps, un, deux, trois nous irons au bois, refaire les étapes, quatre, cinq, six cueillir des cerises, en plus ça rime même pas cerise et six, concentre toi, qu'est ce que je faisais juste avant, sept huit neuf ou voler un bœuf, mon cerveau va exploser, je sens que ça monte, tu ne t’arrêteras pas, tu te faufileras dans mes veines, tu bousculera mes artères, tu t'agrippes à l'estomac, le cœur, tout ce qui est vital tu prends, sournoisement tu emprisonnes mon cerveau, tu brouilles ma vue à coup de larmes, tu coupes le son, et tu t'engages dans un combat gagné d'avance contre la raison. Tu me laisseras éreintée après une bataille de plusieurs minutes à plusieurs heures, roulée en boule, vide complètement vide, à vomir du vide, du vide qui sort par tous mes orifices, haletante. Si tu avais des pieds, je dirais que tu viens toujours à pas de loup, tout doux, tout doux, si le loup y était il nous mangerait. Promenons dans les bois, pendant que l'angoisse n'y est pas.

vendredi 20 septembre 2013

Dépression, 3 petits tours et puis s'en va

En ce moment je me pose pas mal de question. Sur mon féminisme, ma spiritualité, la manière dont je m'exprime, les gens dont j'ai envie de m'entourer, ce que j'ai envie de devenir. Je vais avoir 24 ans et j'ai mis beaucoup plus de temps que les autres à me développer sur certains points, je suis relativement mature pour mon âge, j'ai vécu des choses que d'autres vivront plus tard ou ne vivront jamais. J'essaye de construire ma vie actuelle tout en consolidant mes fondations, ce qui me demande double de travail. Je construis une maison en bois (non parce que faut pas déconner je ne suis pas encore à l'étape de savoir faire du béton) sur une base de château de carte. En gros je peux d'un moment à l'autre me casser la gueule.
Je suis ravie de voir des voix s'élever par rapport à la dépression, je suis triste de m'y retrouver mais ça banalise la chose, ça la sort de son carcan avec inscrit "tabou" dessus en lettre majuscules et grasses. Je ne vais pas vous exposer ici les maladies mentales dont je suis atteinte. J'en ai parlé un peu à droite à gauche et si ça me prend j'en parlerais de manière plus profonde. Je suis assez fière de moi de pouvoir en parler et tenter de l'expliquer aux gens sans fondre en larmes. Néanmoins la plupart des gens ne sont pas éduqués à ça. Le symptôme dépressif est particulièrement mal vu, "si tu veux t'en sortir t'as qu'a te sortir les doigt du cul" m'a-t-on gentiment affirmé plusieurs fois, sachez le cette phrase donne envie de vous dépecer vivant. Je ne souhaite à personne ce que je traverse, mais j'aimerais beaucoup vous y voir et à défaut ça me donne vraiment envie de vous retourner comme un lapin. La dépression n'est pas un manque de volonté à proprement parlé chez quiconque, oui certains n'ont pas la volonté de s'en sortir parce que tout est trop moche à leurs yeux, tu ne peux leur dire juste "vas y fais le, ai envie de t'en sortir". Mais allez y continuez de répandre cette très jolie phrase avec "quand on veut on peut", vous savez certainement mieux que les psy, et une médaille vous sera rendu pour avoir régler le problème de notre époque avec une seule phrase a laquelle personne n'avait pensé avant. Merci.

J'ai reblogué ce truc sur mon tumblr hier soir via chameleon child

Don’t make assumptions about my health

  • Just because I do something one day doesn’t mean I can do it another
  • In fact sometimes BECAUSE i’ve done something one day will mean I can’t do it the next
  • Just because I decide to do things that might be detrimental to my health occasionally doesn’t mean it’s okay for you to pressure me into doing similar things 
  • Just because I say I’m feeling good doesn’t mean I’m symptom free
  • You don’t know how far I can walk
  • You don’t know what I can eat
  • You don’t know what my boundaries are
  • You don’t know what I’m feeling right now
  • and you don’t know the effect something will have
  • and FYI "I had a shower today" is a completely legit reason not to do anything else
Je traduis pour les non anglophones

Ne faites pas de suppositions sur ma santé
-Juste parce que je fais un truc un jour ne veut pas dire que je pourrais le refaire.
-Justement parfois c'est parce que je fais un truc tel jour que je ne pourrais le refaire le lendemain.
-Ce n'est pas parce que parfois je décide de faire des trucs au détriment de ma santé que ça veut dire que c'est okay de me pousser à faire des choses similaires.
-Ce n'est pas parce que je dis que je vais bien que je n'ai plus de symptômes
-Vous ne savez jusqu'où je peux marcher
-Vous ne savez pas ce que je peux manger
-Vous ne savez pas quelles sont mes limites
-Et vous ne savez pas les conséquences que certaines choses peuvent avoir
-Et pour votre information "J'ai pris une douche aujourd'hui" est une raison complètement légitime pour ne rien faire d'autre

Un autre super lien


Je me suis récemment brouillée avec une amie (cette anecdote va probablement m'attirer des ennuis, mais il est hors de question que je me censure ici), après que mon mec m'ai quitté, j'étais dans une phase basse, journée au lit, fixement de plafond, envie de rien faire, je ne veux voir personne. Dans ces moments là je suis encore plus socialement inapte que dans la vraie vie du coup j'ai été désagréable (sans le vouloir) dans certains de mes comportements, malgré mes explications ou mes tentatives d'explications et d'excuses, cette personne a confirmé vouloir couper les ponts. Je ne veux pas juger le degré de gravité de ma faute, si l'autre le ressent comme quelque chose d'horrible c'est que ça l'est pour elle, néanmoins je suis attristée par la non compréhension ou non tentative de compréhension du truc (ce qui avait déjà été le cas auparavant). Après avoir été réellement triste de l'annonce de couper les ponts, je me suis finalement dit que nous n'étions pas faites pour continuer à nous parler, je souhaite m'entourer de gens qui me comprennent ou du moins qui essaye. (Il n'y a aucun ton vengeur ou désagréable juste un constat et un récit qui j'espère aidera d'autres gens dans ce cas)

Tout ce blabla pour dire que si vous avez un ami, un amour ou un membre de votre famille atteint, renseignez vous au maximum, posez des questions de manière polie, évitez les grandes phrases clichées parce que non vous ne "comprenez pas totalement". Plus vous essayez de comprendre et en savez sur la maladie et sur la manière dont le vit la personne plus vous pourrez agir à votre échelle. Ne jugez pas.

dimanche 8 septembre 2013

AA

Ce texte va être compliqué à sortir, vous me pardonnerez si c'est confus, et sans poésie.

J'ai fait une crise d'angoisse y'a deux heures, une belle, une comme j'en ai pas fait depuis six mois. Celle qui te happe, qui déconnecte ton cerveau, le monde autour de toi n'existe plus, et des larmes roulent sur tes joues. Ça se joue en vingt secondes et tu n'as plus aucun contrôle, elle s'accroche dans ta poitrine, ça serre, ça fait mal putain, elle descend dans ton estomac et y met tout son poids. Tu n'arrives plus à respirer, tu cherche de l'air en vain, tu ne sais plus où donner de la tête, faut remettre tes idées en place, aider ton cerveau pour le retour à la réalité, te calmer, enlever ce poids qui se trouve un peu partout dans ton corps, arriver à respirer... Ah oui, respirer, faudrait peut-être commencer par là, j'ai pas de sac en papier pour m'aider, faut que je compte, plus rien n'existe, un, deux, un, deux, expire bien, inspire pas trop. Je serre fort la main de ma moitié, allez arrête, t'as l'air bête et ridicule, je suis sûre qu'il comprend rien, un, deux, expire fort, inspire un peu. Je m'abreuve de son odeur, de ses bras qui m'enserrent, t'es en sécurité, même avec tout ce monde autour, il est là, expire beaucoup, inspire doucement.
Il suffit d'une odeur, d'une musique pour que tout flanche, ça m'arrive de moins en moins, au bout de huit ans et avec tout ce que j'ai traversé, j'ai appris à contrôler. J'ai changé d'endroit mille fois pour ne plus affronter les souvenirs, j'ai appris à gérer.Mais là c'était trop, trop gros, trop dingue, trop réel et impossible à la fois.
Ton violeur en face de toi ou peut-être pas, juste quelqu'un qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau mais putain c'est déjà trop, et tu tombes, le sol s'échappe sous tes pieds, tu glisses déjà dans le tuyau de l'angoisse. Aperçu deux secondes et tu pleures déjà à gros sanglots, je vous jure j'ai essayé, j'ai tenu tant que j'ai pu, j'entendais plus rien, je voyais plus rien "tu veux qu'on aille par là?" "oui heu je sais pas" T'essayes de rester debout, de continuer à marcher, puis ça coule sur tes joues, faut que tu t'assois. Essaye de rationaliser, pourquoi ici, pourquoi lui, c'est pas lui, oui mais c'était quoi ce regard, t'façon c'est trop tard la machine est lancée. Tout remonte à la surface, ton sang se glace. Oui attrape moi fort, comme ça c'est ça, ramène moi à notre réalité, celle où je suis forte et déterminée. Ton violeur à deux mètres de toi et patatra.

mardi 3 septembre 2013

Rimes en our

Parfois je suis une boule d'émotivité, j'arrive plus à me contrôler, souvent ça arrive si je suis malade soit 70% du temps vu ma santé de lapin myxomatosé. Souvent ça commence doucement, je me sens fatiguée, puis j'ai des nausées, je finis par m'allonger puis ça rentre dans ma bouche, ça descend le long de ma trachée, ça se bloque, ça m'empêche de respirer, une autre pensée se glisse le long de mon œsophage , ça s'infiltre dans mon sang, ça se faufile dans mes veines, je ne peux plus bouger. Une pensée sarcophage, un truc qui te paralyse et je finis par me mettre à pleurer. Comment tu veux expliquer ça au gens qui t'entourent? Je pleure parce que j'ai plus la force d'affronter tout ça, en deux secondes je deviens la fille la plus malheureuse du monde pour une putain de pensée, pour un putain de sentiment d'abandon, je ne me sens plus aimée, à un tel point que ça de me donne envie de gerber. Je voudrais enfoncer ces deux doigts dans ma bouche et vomir toutes ces pensées, ces idées noires, le fait que je ne serais jamais aimée, que je suis toute cassé, une tarée émotive pas bien raccommodée. Comment tu veux expliquer aux gens cette douleur qui te transperce? Cette envie de fouiller dans ton ventre pour comprendre ce qui cloche la dedans? Cette envie d'autopsier ton cœur et ton cerveau? De les découper sur la table? Pour que tu comprennes enfin ce qui va pas chez toi et que tu puisses te soigner ou au moins l'expliquer? Je suis un puits à tendresse, une sangsue d'amour, je suis un corps à caresses, un compte à rebours.

lundi 2 septembre 2013

Lettre à ma mère

Aujourd'hui, je mange avec mes mains même que des fois je me les lave pas avant de manger, je ne fond pas en larmes si il n'y a plus de savon, je vais dans des toilettes publiques, je m’assois par terre, je lave le sol de chez moi une fois par semaine voir toutes les deux semaines, je change mes draps tous les quinze jours, je ne vérifie pas la position des clés avant de me coucher, je peux partir de chez moi en ayant une fenêtre ouverte, je ne me lave qu'une fois par jour, deux si besoin, je mets mes doigts dans mon nez (sisi je te jure), je me frotte les yeux, je me masturbe et pas qu'un peu, je fais du sexe et même avec des que je connais pas depuis un an, et même avec des que ça durera pas, je mange et je mange équilibré, je prends soin de moi, je me maquille, je mets de la crème et j'ai plaisir à choisir des jolis vêtements, je fais des projets, je ne prends pas de douche après un cauchemar sauf si c'est un gros, je n'ai pas les mains pleines de crevasses en hiver, un gel hydroalcoolique n'est pas indispensable à mon bien être, je panique moins en présence de sang, je me lave les mains entre cinq et dix fois par jour, j'aime bien être à la terrasse d'un bar, j'ai moins peur des gens, je suis capable d'interagir avec l'extérieur et d'aimer ça, je peux prendre le métro, le bus, je peux vivre pour une semaine avec des gens que je ne connais pas, je peux utiliser des douches communes, je peux boire dans un verre après mon père, je n'observe pas si la personne qui prépare le repas se lave les mains. Aujourd'hui je vis.

Alors quand tu me dis que depuis trois ans la situation n'évolue pas, je ris doucement. Ce n'est pas parce que tu ne les vois pas et ne les valide pas que ça n'en est pas moins des victoires.

mercredi 21 août 2013

Deuil à la con

Tu te rappelles de ce texte où je te parlais de petits ruisseaux dans mon oreiller, que j'avais plein de gens autour de moi et à quel point c'était joli?
La vérité c'est que c'est un peu plus moche, à un moment tu finis par ne plus correspondre à ce que les gens attendent de toi, et ils s'en vont. Parce que tout ça c'est éphémère. Tu pensais que t'en avais conscience, les relations on the web c'est quand même un peu bancal, mais tu t'es laissé prendre au jeu puis au final c'est pas si dangereux, on peut s'appeler un peu, tu peux être là quand ça va pas, je peux être là quand t'es triste,soul et las. Et toi avec ta naïveté habituelle, ton merveilleux monde des bisounours, tu penses que t'as construit un truc, une sorte de lien éternel (non peut-être pas c'était pour la rime), un truc qui va au delà du simple plan charnel. Bam crochet du droit, uppercut, tombé du toit.
Alors voilà avec Basil c'est fini (ce jeux de mot n'est compréhensible que par moi même), j'ai cru que j'avais réussi à y mettre une dynamique différente avec celui-là, et puis tu tombes de haut. Et même si aujourd'hui t'as ce que tu veux dans ta vie, c'est toujours dur de laisser partir autrui. Surtout quand cet abruti a été là pour toi dans certains pires moments de ta vie, quand il t'a entendu en pleurs au téléphone, que tu lui as confié certains détails intimes de ta vie. Et aujourd'hui tu te retrouves à abandonner tout ça.
Deuil de relation à la con.
Pour être honnête, t'étais aussi mon filet de sécurité, celui qui me rappelait que ouais putain j'ai morflé, que je méritais plus que ce qu'on m'avait donné, t'étais mon lien avec avant, le passé que t'as tendance a oublié parce que oui aujourd'hui c'est tout beau et tout rose oui mais demain? Comment je ferais demain?

dimanche 11 août 2013

Bilan à froid

J'ai passé un mois génial, j'étais moi, la vivante, la bout en train, la drôle, celle qui prend des initiatives et qui excelle dans son job. Y'a eu des moments moins drôles, où t'as l'impression qu'on te demande de t'asseoir sur tes valeurs, où ton esprit n'est tellement pas d'accord que ton corps te fait mal mais c'était deux jours sur un mois. Et puis y'a eu tout le reste, les phrases de gamins, les citations philosophiques d'animateurs et d'animatrices, les sourires, les yeux émerveillés, les paysages incroyables, des nouvelles amitiés, je suis retombé un peu amoureuse aussi, j'ai été conforté dans ma voie professionnelle. Mes nuits ont été plus belles une fois accompagnée, mes jours ont été remplis de rire et de choses à gérer. Je me suis senti complète et c'était plutôt chouette

mercredi 3 juillet 2013

Toi et moi et les gorges de Pennafort

Pendant un temps je disais que sortir avec son ex c'était comme ravaler son vomi. Aujourd'hui je dois avouer que c'est comme ravaler un sacré bon vomi alors. Oui je sais je suis crade. Je sais que c'est pas bon pour moi, mais j'aime bien quand ma vie est dans un espèce de chaos, tourbillon de sentiments. J'ai besoin de ça, j'ai besoin de me sentir vivante, j'ai besoin que ça palpite, que ça fouette dans mes veines, j'ai besoin de ne plus réfléchir. Il est probable que je le regrette à la fin, mais en attendant je vis. J'ai arrêté de regarder le plafond pendant des heures, et d'être paralysée. Ces deux mois vont sûrement être les plus importants de ma vie, les plus déterminant, si tu m'aimes dis le moi, je vais en avoir besoin. En attendant, je me baigne toute nue dans les rivières, j'embrume mon cerveau à coup d'alcool, ce bâtard ne veut pas me laisser tranquille. Je ressens tout et rien à la fois, oui c'est assez contradictoire, je suis dedans et en même temps j'essaye de me détacher, j'en aime un et en même temps je les aime tous, je suis un et plusieurs à la fois. S'il te plaît ne t'en va pas, pas encore une fois.

mardi 25 juin 2013

On fait le bilan calmement

Je n'arrive pas à trouver de bon moment pour écrire ce texte, et je crois que c'est parce qu'il n'y aura jamais de bon moment. C'est important que je le fasse, pour plus tard, pour me souvenir.

Je suis arrivé à Independanceville il y a trois ans et demi, avec un sac à dos et mon dossier pour m'inscrire à la fac. J'étais partis de chez ma grand-mère (loin) et je faisais l'aller retour dans la journée.
J'y suis retourné une semaine plus tard avec mon même sac à dos, pour commencer les cours et je dormais chez ma meilleure amie. Quand je me remémore ces souvenirs, j'ai comme un goût dans la bouche, de bonbons, de subway végétariens (mes premiers) et de larmes salées, c'est le goût de l'indépendance et de la liberté. Je m'étais sauvée enfin, j'avais fui et je prenais mon destin en main, il s'avère que ça a été plus compliqué que sur le papier, mais je me souviendrais toujours de cette sensation au creux de mon ventre, de cette ville qui fourmillait de promesses, d'avenir, de perspectives et d'envie de vivre. Si je fais le bilan, j'y ai vécu trois ans et demi, j'ai eu deux appartements, trois restaurants préférés, bu au moins 50 bouteilles de champagne, eu deux dépressions, découvert une vocation, eu quatre boulots, appris quatre langues,acquit trente appareils photo, je me suis engueulé trois cents fois avec mes parents, été six fois à l'hôpital, eu un rat et deux chats, eu les cheveux bleus trois fois, j'ai perdu six boules de pierçing, j'y ai fait deux tatouages, je m'y suis fait deux vraies amies et un meilleur ami pour la vie et j'y ai vécu trois histoires d'amour et je suis tombé amoureuse une fois. Je ne peux dire combien de litre de liquide salé ont débordé de mes yeux, ni combien de sourire se sont dessinés sur mes lèvres, j'ai des regrets, des trucs que je n'ai pas eu le temps de faire, c'est pas dramatique, ça me donne juste envie de vivre de manière plus intense la prochaine fois. Je sais que je ne pouvais pas rester plus, je suis parti un peu sur un coup de tête mais c'était le mieux à faire,j'étais arrivée au bout de mon amour pour Independanceville. Je l'ai épuisée jusqu'à la moelle, j'ai pris tout ce que je pouvais, j'ai enregistré dans ma tête toutes ces images les tristes et les jolies : le ciel violet du balcon, les éclairs les soirs de forte chaleur,la cathédrale illuminée,le marché de Noël, la gare,le soleil les fins de dimanche sur les brocantes,son regard au Fort, les yeux rieurs d'Elsa, le jour qui se lève sur le parc du centre, toutes ces odeurs : l'odeur de vacances dans le couloirs, l'odeur de la 2cv, celle de l'herbe mix goudron chaud après la pluie, celle de la crème solaire et de la peinture, des cigarettes menthol ...
C'est la fin d'une époque, de certaines envies, je ne sais pas où je vais mais je sais que j'ai fait pour le mieux.